VTT – Traversée Montreux – St-Raphaël

Traversée Montreux – St-Raphaël

1ère étape Montreux – Chamonix du 20 au 24 juillet 2016

Jour 1 Veytaux Torgon

La veille du départ, dernier briefing autour d’un verre de rouge chez Arnaud et dépose des bagages. L’heure de départ est donnée pour le lendemain 9h. Tout le monde, ou presque, décide de se coucher de bonne heure afin d’être en forme pour cette première grimpée.

La météo de ce premier jour est idéale, grand ciel bleu. Nous attaquons donc notre périple sous les meilleurs auspices. Nous rejoignons les Evouettes, après avoir traversé la plaine du Rhône en empruntant la passerelle du Bouveret. Tronçon roulant, sans difficulté, un bon échauffement avant la montée sur Chalavornaire puis le Lac Taney.

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Entre la Dérotchia et Taney c’est le premier portage qui nous attend. De « En Peney » au lac une descente assez raide à travers le pâturage se passe bien, tout le monde maîtrise à sa manière les trous laissés par le piétinement des vaches. Bertrand est un peu à la peine, sa nuit était courte et les breuvages ingérés, certainement de la meilleure qualité, sont néanmoins rarement recommandés pour ce genre d’effort. Lion le soir, c…. le matin, c’est bien connu.

La descente du Lac Taney sur le Flon est toujours aussi pentue et glissante. Les vitesses de descente des participants sont très variables.

Il arrive gentiment l’heure de manger un petit en-cas avant de poursuivre. Le restaurant du parking étant fermé nous descendons jusqu’à l’épicerie du village où la famille Pierre-à-feu (nom d’emprunt) nous accueille. Bien que les autochtones soient déjà depuis un certain temps à l’apéro, nous renonçons à les accompagIMG_8399ner dans leurs libations mais partageons un moment très convivial avec eux autour d’un plat de viande froide et fromage, le tout accompagné de Rivella (eh oui, ça arrive aussi).

Après ce repas dans une ambiance un peu préhistorique (les détails de cette affirmation sont à demander aux participants, tout ne peut être écrit), nous repartons pour attaquer une nouvelle montée en direction du col du Blanc Sé. La pente est soutenue et très vite les premiers posent le pied, suivi bientôt par tout le monde ou presque. Emmanuel arrive quasiment à effectuer tout le parcours sur la selle. Bertrand est toujours à la ramasse mais il s’accrocheIMG_8423, faisant état d’une grande abnégation et d’une force de caractère admirable. Les premiers chalets de Torgon apparaissent, nous sommes bientôt arrivés à notre hôtel, le seul du lieu.

L’accueil, d’abord un peu réservé de la patronne des lieux, est ensuite très convivial et un premier repas nous est agréablement servi sous le tilleul, accompagné du bourdonnement des abeilles et d’un verre de rouge, comme il se doit.

35 Km, 1’576 m dénivelé positif, 891m négatif, 3h temps de roulage, 6h durée du parcours.

Jour 2 Torgon Champéry

Après un petit-déjeuner bien équilibré, avec un Bertrand dont la forme revient, nous reprenons le cheminement inverse sur 2 kilomètres avant de poursuivre en direction de l’alpage d’Eusin. Vers le lieu-dit « Les Places » nous sommes arrêtés par une équipe de bûcherons, il nous faut attendre la fin de l’abattage d’un sapin. Spectacle impressionnant. Tous d’abord on ne voit qu’à peine le sommet de l’arbre bouger, puis le mouvement s’accélère pour finir dans un grand fracas en contrebas de la pente. Tout danger étant écarté, nous poursuivons notre route pour rejoindre Draversa d’en haut, Chalet neuf et les portes de Culet. Fin de la première partie de montée. Un tronçon globalement très roulant avec des portions de goudron et des routes forestières larges et peu pentues. Une bonne mise en jambe pour ce deuxième jour.

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Des portes de Culet nous empruntons le chemin à travers le pâturage. Passage un peu plus technique qui distingue les fins techniciens maîtrisant l’équilibre et la témérité de ceux, un peu moins audacieux qui jouent la prudence et n’hésitent pas à poser le pied lorsque cela devient trop périlleux. Nous rejoignons à nouveau la route asphaltée mais pas pour très longtemps, les pistes de ski du Corbeau nous attendent. C’est donc à travers les pâturages que nous finissons notre descente sur MorIMG_8470gins, seul Philipp a décidé de continuer la route pour se préserver pour la suite.

A Morgins, un Rivella (eh oui, encore un) vite expédié et nous repartons en direction de Champoussin par la Chaux et les Bochasses.
Un passage technique en fin de tronçon herbeux nous a valu une belle roulade de la part de Philipp et une maîtrise de la gravité universelle par Wolf.

Aux Bochasses nous nous arrêtons le temps d’une croute aux champignons et d’un Rivella (nous devenons vraiment des ambassadeurs de la boisson nationale). Les conseils donnés par Wolf à la faucheuse en herbe n’ont pas été appréciés à leur juste valeur par sa mère, patronne des lieux, trop attentive. L’estomac un peu lourd nous nous remettons en selle pour la fin de cette étape et passons par les Crosets, Chaux Palin et Planachaux. La descente sur le Grand Paradis est assez raide sur une route forestière bien poussiéreuse. Une difficulté, les gouttIMG_8440ières oblique en travers de la route auxquelles il faut faire attention de négocier le plus perpendiculairement possible.

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Nous sommes magistralement accueilli à l’hôtel Beau séjour. La patronne des lieux arrive même à nous organiser un massage avant le repas. La carte des mets et celle des vins est excellente et notre charmante hôtesse y apporte une touche tout à fait particulière.

Durant la nuit il s’est mis à pleuvoir.

45 Km, 1’495 m dénivelé positif, 1’513m négatif, 4h temps de roulage, 6h30 durée du parcours.

Jour 3 Champéry Martigny

Le réveil est gris, les nuages sont bas et une légère pluie tombe sur Champéry. Qu’à cela ne tienne, le petit-déjeuner est copieux, le sourire de la patronne est toujours là et l’ambiance au beau fixe. Bertrand a totalement retrouvé sa forme.

IMG_8490Wolf a mis sa cape des grandes pluies, IMG_8491Arnaud ressemble plus à un marin qu’à un cycliste, chacun est équipé contre la pluie. A 9 heures nous partons direction du Grand Paradis pour rejoindre la route de l’autre côté de Champéry, par “Les Rives” en-dessus de la “Galerie Defago”. Wolf a un “train à prendre” selon les dires quelque peu courroucés de Philipp, le rythme de pédalage est assez élevé pour ces premiers tour de roue matinaux.

En passant nous saluons notre masseuse Ingrid mais elle ne répond pas à nos appels. Un peu plus loin nous entamons la montée sur le Mont Corba. La route est en cours de réfection, par endroit bien roulante, à d’autres bien collante en raison de sa consistance un peu limoneuse et argileuse. Nous rejoignons « La Pale » puis « Pouénéret ». Un peu en-dessous nous ratons un embranchement qui nous aurait conduits par des routes forestières et des chemin d’alpage sur Vérossaz en évitant la route goudronnée. Vu les conditions météo, personne ne s’en plaint et c’est par la route que nous arrivons à Vérossaz.

De Vérossaz nous empruntons la route forestière en direction du torrent IMG_8515« Le Mauvoisin ». La descente jusqu’à la passerelle est périlleuse, des chaînes sont fixées aux endroits les plus abrupts et le sol est rendu glissant par les récentes pluies. La remontée de l’autre côté n’est guère mieux et un portage conséquent nous attend. A Mex, au restaurant de l’Armailli nous retrouvons Aline qui fera le reste du parcours jusqu’à Chamonix avec nous. Le village de Mex présente des rues étroites, pavées et pentues que nous empruntons après le plat de pâtes ou de sérac. A la sortie du village nous prenons direction du lieu-dit « Le Foillet ». La traversée du torrent de St.-Barthélémy est impressionnante. Des constructions imposantes y ont été faites pour briser l’énergie IMG_8529mais heureusement peu d’eau coule à ce moment. Finalement nous arrivons à la Balmaz ou nous rejoignons la route cantonale. Emmanuel prend la tête du peloton et nous tire à plus de 40km/h jusqu’à l’entrée de Martigny, chacun, ou presque, profitant de l’aspiration. La brusque obliquée à droite a nécessité de la part des poursuivant de prompts réflexes pour éviter la chute.

Avant d’aller à notre hôtel, une courte halte à la fromathèque s’imposait pour y déguster un excellent fromage de brebis et quelques nectars locaux. Notre hôtel est situé de l’autre côté de Martigny, heureusement que nous avons nos bécanes, la ville n’est pas si petite que cela. Le soir c’est un copieux repas qui nous attend au restaurant « Les Touristes ». Le choix des vins nous a fait voyager à travers la France en passant par le Languedoc, la Loire et finalement les côtes du Rhône.

48 Km, 1’038 m dénivelé positif, 1’550 négatif, 2h55 temps de roulage, 6h durée du parcours.

Jour 4 Martigny Chamonix

Nous décidons de partir de bonne heure, des précipitations sont annoncées vers 14h sur Chamonix. Il est donc 8h lorsque nous quittons l’hôtel Vatel pour emprunter la route de Salvan – Les Marécottes. A la sortie du tunnel de Gueuroz nous prenons la route des hameaux qui nous emmène à « La Crettaz » en passant par « La Tailla ». La montée est raide, la IMG_8572mousse sur la route empêche de se mettre en danseuse. Jean-Christophe et Emmanuel prennent l’échappée. A partir de la Crettaz, le chemin jusque-là goudronné et roulant fait place à une longue section de portage et d’un cheminement à flanc de falaise sur lequel il faut rester attentif. Arrivés au « Litro » nous retrouvons une route forestière qui nous permet de rejoindre la route du Col de la Forclaz que nous suivons sur 800m environ avant de bifurquer à gauche en direction de « Tête Noire ». Une jolie route en lacet permet d’entretenir la discussion entre ceux qui ont pris quelques avances et ceux restés derrière pour des problèmes techniques. Wolf a d’abord cru à un problème de réglage de son dérailleur avant de se rendre compte qu’il allait devenir le maillon faible du groupe ou le chaînon manquant. Sa chaîne était en train de rendre l’âme. La suppression de cette partie défectueuse (le chaînon, pas Wolf) a pris plus d’une IMG_8586heure. Heureusement, au « Cretton » nous avons pu utiliser l’atelier d’un habitant du lieu, ce qui a complété notre outillage de fortune.

La frontière est traversé 2 km plus loin après une dernière montée. IMG_8591La descente sur Vallorcine emprunte les pistes de ski. Une descente appréciée diversement. La piste est certes très large mais recouverte de blocs et de pierres de différentes tailles rendant la conduite du vélo délicate et surtout très cahotante. L’accueil à Vallorcine par un Anglais ou Américain fâché que l’on stationne nos vélos devant sa maison ne nous a pas incité à nous y arrêter plus longtemps. Nous repartons assez vite en direction du Buet puis pour le col des Montets. Une dernière grimpette, parallèlement aux voies du train, nous rapproche de la fin de notre périple. La descente sur Chamonix est en partie sur route, en partie sur des chemins forestiers serpentant le long de l’Arve. Nous descendons quasiment jusqu’au centre de Chamonix, espérant tomber sur notre hôtel. Mal nous en a pris, l’hôtel était situé sur la route en venant d’Argentière, 4 km en amont. Certains ont moyennement apprécié ce sightseeing. Après un bref repos à l’hôtel et une bière méritée sur la terrasse, un taxi nous conduit au centre de Chamonix pour fêter dignement la fin de cette première étape en direction de Nice-St-Raphaël.

Un grand merci à Elisa, la fille d’Arnaud, qui a assuré toute la logistique en transportant nos bagages de points en points.

46 Km, 1’561 m dénivelé positif, 944 m négatif, 3h45 temps de roulage, 6h40 durée du parcours.

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Participants : Wolf, Jean-Christophe, Aline (depuis Mex), Philipp, Arnaud, Bertrand, Emmanuel et Jean-François

Total parcouru : 174 km, 5’670 m dénivelé positif, 4’916 négatif, 13h40 de roulage et 25h10 de parcours

Un des GO
Jean-François

PS

Il y a encore l’histoire de la meute de loups à résumer. Selon l’un des membres de l’équipe, notre groupe se serait comporté à l’image de ces mammifères carnassiers. Les plus faibles ou plus âgés occupent le devant de la troupe, la masse le milieu et le mâle dominant reste en arrière. Nous avions donc notre mâle dominant tout au long de notre périple…

PS n°2

Nous avons eu la chance de faire une course “vintage”, à l’image de ces sorties de vieilles voitures. Un des protagonistes, notre mâle dominant, a fait l’entier du parcours sur un vélo de la marque Klein, modèle de collection de 18 ans, dont les caractéristiques techniques lui ont conféré un certain handicap. Bravo pour l’effort supplémentaire ;-).