Via ferrata de Loèche – 12 septembre 2015

Rendez-vous à 6h15 au parking de Rennaz, ce samedi 12 septembre. Le rendez-vous a été fixé de bonne heure de manière à attendre les retardataires et arriver à prendre la première cabine qui part à 8h de Loèche pour la Gemmi.

Bien en a pris au chef de course, car une participante, que nous garderons anonyme, a eu une panne de réveil plutôt conséquente puisqu’elle a émergé à l’heure du rendez-vous. Heureusement, habitant sur la route, elle a pu être embarquée au passage et le groupe au complet a pu arriver à l’heure à Loèche. La nouvelle voiture (bleue) d’Eloïse a pu rattraper le décalage horaire.

Le groupe est composé de 5 personnes, Ladislav en chef de course, Eloïse en chauffeur, Emmanuel, Hartmut et Caroline. Pour Hartmut, cette via ferrata est une routine, il en est à sa 5e ascension. Pour Manu, il s’agit de la 2e ascension mais de la première descente à pied. En effet, pour sa première, un hélicoptère a dû venir chercher ses compagnons, exténués. Pour les autres, il s’agit de notre première. Nous savons donc qu’elle est longue (800m de dénivelé plus les passages horizontaux) et à ne pas prendre à la légère.

Arrivés au sommet de la cabine, à la Gemmi à 2350m, nous empruntons le sentier qui mène au départ. Une petite famille de bouquetins nous fait une apparition discrète. Le sentier est relativement plat (et même en dénivelé négatif) mais à flanc de montagne et une chute serait très malvenue.

La météo : magnifique, malgré l’altitude, les vestes sont de trop et le t-shirt apprécié. Pas de vent, pas de nuage, on a vraiment une chance incroyable. Ou alors, c’est parce que c’est le Valais et qu’il y fait souvent meilleur que par chez nous.

La via : longue, on le savait. Par contre, je m’attendais à un équipement « standard » dans les vias, à savoir des échelons positionnés de manières irrégulières, en fonctions des besoins pour nos pieds et nos mains. A la place, il n’y a avait que des fers à béton qui dépassaient à angles droit de la paroi, quand il y en avait et des échelles pour les endroits plus difficiles. Beaucoup de contact avec le rocher avec les pieds et beaucoup de traction sur le câble avec les mains. Chercher des prises de main prendrait trop de temps. Par ailleurs, la roche est friable et les cailloux volent à plusieurs reprises. Heureusement qu’on avait tous nos casques, n’est-ce pas Eloïse ? Il en gardera une petite marque…

Peu avant l’échappatoire, un gros avion passe pas loin. Un Super Constellation, paraît-il. On aurait presque pu saluer le pilote tellement il était proche. L’échappatoire est située sur un promontoire où nous faisons une petite pause, méritée. Le livre d’or a été déposé ici, une demi-heure à peine avant notre passage. Rencontre avec d’autres ferratistes et petit en-cas.

Comme le groupe est encore en pleine possession de ses moyens, tout le monde continue. Plus haut, un bruit de vent me fait me retourner. Des fous volants en wingsuit passent à toute vitesse en contrebas. La via passe bientôt dans une grotte. La température chute, comme il se doit dans une caverne mais les surplombs suffisent à maintenir la chaleur. A l’intérieur, la roche brille sous le faisceau de ma frontale. Humidité et cristaux se liguent pour m’émerveiller et rappeler à ma mémoire, les récits de nos ancêtres au sujet des fées qui peuplent nos montagnes.

Gentiment, les forces diminuent. On gère au mieux l’effort. Enfin, un replat. Nous prenons une seconde pause, plus que bienvenue. En-cas, boissons, récupération et discussion avec les autres ferratistes. On repart en se disant : « à toute à l’heure ! »

La pause nous ayant requinqué, on part pour la variante longue qui nous fait passer par une nouvelle grotte (où Eloïse prendra de très beaux clichés à contre-jour) avant de nous envoyer sur une vire  où l’on doit avancer courbé et avec un gaz… impressionnant.

La suite alterne petits bouts de marche et échelons. On la voit de loin, elle est longue, verticale, interminable. Elle ? La dernière échelle On y accède par un passage en traversée de dalle. Un autre usager, pressé, colle au train de Manu, malgré sa demande de respecter les distances de sécurité. Hélas, on rencontre aussi des « censurés » irrespectueux en montagne. La dernière échelle donc… puis l’arrivée à une espèce de col. Un dernier effort pour atteindre le sommet du Daubenhorn. Repos, photos, accolades et partage de nos provisions, depuis le saucisson jusqu’au chocolat. Au sommet se trouve aussi une cache dont Ladislav et Eloïse sont friands. Champagne, il s’agit de leur 100e cache découverte.

La descente s’amorce. Le chemin nous fait passer sur un névé. Un message dans la neige : « Trop choue… » à ce moment, je m’attends à lire « chouette cette via » ou autre chose dans ce goût-là. En fait, il est écrit « choue la blonde ». Je crois bien être la seule blonde qui ait fait la via ce matin… Hum ! Lorsque Lad interprète « choue », il parvient à faire une parallèle avec la choucroute ! Merci de replacer l’église au milieu du village, cher chef de course. Bonne partie de rigolade. Aussi au sujet de la descente à pied, plus économique que l’hélico.

Comme on est resté dans les temps, on est de retour à la cabine 7h et demi après notre départ. On a donc le temps pour un moment de réconfort devant le magnifique panorama que nous offre la terrasse. Le vent se lève alors, nous chassant à l’intérieur. La météo aura été clémente avec nous jusqu’au retour aux installations, une chance. La Dent Blanche, le Cervin, le Breithorn, le Zinalrothorn et les autres nous saluent puis nous reprenons le chemin de la maison, heureux et comblés.

Récit écrit par Caroline