Val Maira du 15 au 19 février 2014

1er jour

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Depuis St Oyen

2ème jour

Réveil pas trop matinal, vers 07’00h, sous la pluie et dans le brouillard piémontais (il ne s’agit pas encore de restants de la soirée précédente, rassurez-vous).

Départ à 08’30, équipés contre la pluie, d’abord en voiture quelques km, puis à skis, dans une humidité stagnante et poisseuse, qui fait que nous avons rapidement chaud – et que les peaux, elles, se lient d’amitié avec la neige qu’elles caressent, au point de ne plus vouloir s’en séparer. Bizarre, ça doit être la méridionalité alpine qui s’exprime ainsi…

La montée au col de la Punta Tempesta se déroule à travers un paysage de mélèzes qui ne nous quittera plus jusqu’à notre départ de la vallée. Mélèzes qui montent à 2’400m, et donc qui nous accompagneront toute la journée. Magnifiques pour le slalom, nécessitant parfois des virages acrobatiques, difficiles à négocier pour les moins doués, et aussi charmeurs pour d’autres, qui n’auront cesse de les sucer par les branches….

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Bon goût ce mélèze ?

Il fait gris, avec du vent sur les crêtes, mais en fin de compte, à 2’000m, la neige n’est pas mal, et la visibilité entre les mélèzes excellente. La première pente redescendue, le peuple en redemande ! Et c’est reparti pour une deuxième montée de la pente sommitale, au grand dam de certains, habitués à réserver les « remontées » aux conditions « beau temps-belle neige »…

Cela nous permet toutefois de redescendre de l’autre côté, cette fois. Après la belle neige vient la moins belle, puis carrément la bien lourde, qui n’est pas vraiment du goût de ceux qui sont peu sensibles à la technique du « toucher de neige léger », avec « le poids bien sur les deux skis » et « les genoux et les bras en avant ». Dan s’en bloquera le diaphragme, ce qui ne nous empêchera pas, le soir (ni lui non plus d’ailleurs), de les secouer avec nos rires, non sans les avoir tendus d’abord avec un excellent repas à 4 plats + dessert, digne de la réputation piémontaise !

 

Wolf

Au retour du col sous le Monte Tempesta

Au retour du col sous le Monte Tempesta

3ème jour

Lundi 17 février 2014…. yesssss il fait beau aujourd’hui…. ciel bleu, et on voit enfin les montagnes en face de notre hôtel. Après le déjeuner en commun à 07h30, départ à 08h30 en voiture pour quelques km, juste pour grimper et trouver de la BONNE neige.

A la sortie des véhicules, devant un blanc immaculé, notre ami Daniel ressent de grosses douleurs, mais appelé par cette neige et les perspectives d’une superbe journée, il fait l’effort de nous accompagner. Malheureusement, même avec toute sa bonne volonté il doit assez rapidement nous abandonner et redescendre vers le parking.

Notre groupe réduit à 9 continue son bonhomme de chemin ; chouette, une équipe avec un peu d’avance sur nous, nous fait une belle trace… c’est notre guide qui est content !! En plus, c’est excellemment bien tracé, utilisant le terrain au maximum. Après une petite pause au pied du 3’000, qui se découpe sur un magnifique ciel bleu, on se demande vraiment de quel  côté il est possible de monter. Et hop, en face de nous une toute petite avalanche. Mais elle est toute petiote et bien plus loin de nous, que celle du Pic Chaussy, hein Nicole ?

Monte Chersogno

Monte Chersogno

Nous repartons et attaquons un joli couloir, 50 m entre chaque sportif, quelques conversions et un petit replat au centre d’un magnifique cirque avant d’attaquer le 2ème couloir…. vue splendide d’une neige vierge où ne ressortent que les “Z” de la montée.

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Couloir du Monte Chersogno

Au col, après une fausse pause casse-croûte, nous attaquons le dernier 100 m qui nous amène au sommet. Au cours de ces derniers mètres, notre guide Gérald me conseille de pauser mes skis, devenant plus raide et étroit sur l’arête…. oui… mais non !! Je veux aller en haut. Et vu les couloirs pour redescendre, ça me fera un entrainement supplémentaire à mes 3 mois de début de peau de phoques. Et cela fait au moins 10 ans que je n’avais rechaussé des lattes.

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Dernier couloir avant le “passo Chersogno”

Quelques conversions, l’arête et yaouououou …… c’est mon premier 3000… et quelle ambiance… il y a déjà au moins une dizaine de suisses allemands qui squattent le sommet…. super ambiance au pied de la croix, où notre amie Claudia, va (légèrement) déchirer son fond de culotte en grimpant sur la sculpture.

Après les traditionnelles embrassades, séances photos, admiration de la vue et des sommets environnants, sur fond de ciel bleu où se lézarde juste quelques cirrus, j’ai droit à un cours privé pour la descente. Je change de coatch, après Nicole, c’est Gérald…. il me semble que la descente c’est bien passée, peut-être pas dans le style, bien que j’essaye d’appliquer tous les conseils, mais nous sommes redescendus au col, sans se prendre un caillou ou une voltigée. Les couloirs vont être aussi “faciles”….. toujours sans style mais sans chute…. tout le monde s’éclate sur ces champs vierges et laisse sa signature gravée dans une jolie épaisseur de poudreuse….

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Les “Wedzets” depuis le passo Chersogno

Nous attaquons le 2ème sommet et surprise, nous retrouvons nos collègues Suisse allemands. Nous faisons enfin une pause, je commence à avoir une sérieuse dalle. Et devant c’est magique….. une jolie pente bien large, sans trace, une vraie pub pour le ski de randonnée.

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Un moyen comme un autre de se relaxer…

Alors là tout le monde se lâche, faisant ses virages, en solo, en duo voir les filles Claudia, Joanna et Nicole en parallèles dans un ensemble assez synchro…. juste magnifique. Même sans expérience de peau de phoques, ni de haute neige, j’ai un super plaisir à skier dans cette poudre… mais purée que mes cuisses brûlent !! Le soleil brille, la neige brille et nous sommes tous brillants.

C’est au bas de cette pente, que nous rejoignons un champ légèrement bosselé avec une grosse neige lourde…. didiou fatigué je n’arrive plus à guider mes skis, c’est lourd, ça colle, ça pèse des tonnes…. heureusement ce n’est pas trop long, nous rejoignons la route enneigée et il n’y a plus qu’à se laisser glisser jusqu’aux autos et rejoindre notre ami Daniel.

Ce dernier n’étant pas présent, nous subodorons que l’intéressé est redescendu jusqu’au “bistrot” du coin. Que nenni, après un téléphone, nous faisons marche arrière pour récupérer notre pote de course, qui s’est fait « secourir » par un paysan. A l’entendre, il a eu droit à toutes les dégustations des produits du terroir, des histoires du village et des environs… bref il a fait connaissance intimement avec la nourriture, les boissons et habitants de ce hameau et de la famille qui l’a hébergé.

Retour à l’hôtel, douche, repos avant un excellent souper et pour Nicole et moi, apprentissage d’un jeu de carte enseigné par Jean-François et Wolf. Après un départ sur les chapeaux de roues sur le nombre de points, on reste scotché sur place alors que nos adversaires nous mettent 5 matchs de suite…  Wolf se fait même un match à lui tout seul !!!! Bon par la suite on apprendra qu’on a pas tout vu…  C’était ce soir-là ou le soir d’avant ? Ce n’est pas grave, il y a une super ambiance tous les soirs !

Après s’être rassasié et réhydraté, ah la nourriture italienne faite maison et les pt’its rouges de derrière les fagots, c’est épuisé et les jambes “un peu” lourdes que nous rejoignons notre chambre en espérant que le beau temps nous accompagne également le lendemain.

Super séjour, et je tiens à remercier, tous ceux qui m’aident par leurs précieux conseils à améliorer mon ski. Les montées no problèmo, mais les descentes… ce n’est pas encore ça. Alors grand merci pour leur générosité et leur patience, à tout le monde, particulièrement, Nicole, Jean-Francois et Gérald.

Et avec Daniel on a retenu la leçon, bras en avant, épaule face à la pente, genoux pliés, souplesse et joli touché de neige…. Le touché de neige on a bien exercé on va essayer les autres points la prochaine fois.  

Claude

 5ème jour

—–et nous sommes partis nous coucher, pendant que la pluie et la neige se relayaient pour remplir le sceau devant notre porte.

Après cette nuit reposante, déjeuners savourés, sacs bouclés, voitures chargées, skis aux pieds,  nous nous engageons sur le sentier derrière notre hôtel. Daniel carbure au mental, tandis que les collègues regrettent les excès du soir précédent. Tandis que nous slalomons entre les aroles et les buissons, je me demande par quel chemin passera le retour ?

Heureusement le sommet (le chiggia sur le panneau , chiggioa sur la carte2156m) est dégagé et nous offre une belle descente dans la poudreuse. Puis les clairières deviennent rares et le cross entre les arbres dans de la neige gorgée d’eau devient un exercice d’équilibre des plus sportifs.

Johanna nous quitte pour travailler dans la région tandis que nous prenons la route.

En chemin tandis que nous dégustons nos dernières spécialités à la Piola, sympathique restaurant de la ville de ….., Claudia, privée de dessert, choisit de gouter à chaque fromage du buffet, confitures assorties comprises !

De retour sur nos routes, je constate qu’il a bien neigé ici aussi….yesss en route pour de futurs projets !!!!

Nicole