Trient (1297) – Col de Balme (2289) par l’Arolette (2330) – Col de la Forclaz (1526)

Cette course, annulée en 2016 pour cause de météo défavorable, se déroule cette année dans d’excellentes conditions. Le ciel légèrement couvert en début de matinée facilite la mise en jambes par déclivité importante mais fortuite puisque résultat d’une (toute) petite erreur dans les starting-blocks. La suite de la course, par voie prévue, se déroulera sous un soleil sans partage tempéré d’une petite brise permanente. Vive la montagne !

Après une enfilade d’appels et sms initiée la veille Agnès embarque Karen à Rennaz puis Anne-Christine à St-Triphon pour retrouver Anne-Marie et Louis au col de la Forclaz ainsi que Corinne et son chien Shaman, participants surprises de dernière minute. Laissant une voiture au col la clique se réorganise et continue vers Trient, au lieu-dit Gilliod (1279m).

Louis abandonne là ses « brebis »… pour entreprendre son itinéraire solitaire et sans doute plus  tranquille. En pleine forme il retrouvera le groupe au Col de Forclaz en fin d’après-midi. Vers 8h, très décidées, les dames de cette sous-section du jour (le club des 5 Intemporelles pour les initiées) entament sa route. D’abord franchir le pont, trouver le sentier puis grimper vers Jeur, les Praillons, en direction des Arolettes. Mais ce sentier de bûcherons grimpe un peu trop sec pour ne pas sembler louche vue l’absence de marquage. Après étude de cartes, consultation gps et échange de vues l’erreur d’aiguillage est confirmée et le chemin prévu vite retrouvé (avec les excuses de la cheffe de course !). Avantage du détour il permet un décrassage en règle de nos 10 gambettes et 4 pattes.

Le but du jour est de monter au col de Balme en évitant l’itinéraire officiel du Tour du Mont-Blanc que Karen vêtue de son T-shirt TMB nous rappelle néanmoins. Chacun monte à son rythme, une ascension « en élastique » : Shaman au bout de sa longe devance Corinne d’une dizaine de mètres, suit le gros du peloton et Karen ferme la marche d’un pas aussi constant qu’expérimenté. Forêts, prairies fleuries, pâturages presque déserts, la faune se fait discrète hormis quelques sifflements de marmottes et autres traces invisibles que seule la truffe du chien relève.

Au-dessus des Tseppes (1932m) où pâturent quelques imposantes Reines d’Herens on passe sur l’autre versant qui offre une vue inhabituelle sur les Dents du Midi, Finhaut et le barrage d’Emosson. Une fois traversées les hauteurs de l’alpage d’Arolette et son troupeau de moutons, un dernier rack nous fait repasser de l’autre côté. On découvre alors la chaîne du Mont Blanc, typiquement chapeauté ce matin, l’Aiguille d’Argentières et la collection de pics de ce profil certes connu mais toujours spectaculaire. Shaman profite de quelques roulades rafraîchissantes sur un névé esseulé tandis que nous envisageons avec plaisir la perspective d’une petite pause.  Etape du TMB et atteignable en télésiège le Col de Baume «grouille» d’une foule multinationale où la présence chinoise semble dominer. Anne-Christine pointe Le Buet bien connu des skieurs et dont les soussignées se souviennent comme de leur plus héroïque course hivernale. Chamonix tout au fond de la vallée rappelle la proximité des nuisances urbaines.

En dépit de sa réputation mitigée on s’accorde au col le café offert par Agnès (merci !) qui de retour d’avoir passé commande confirme l’aménité plus que minimale des tenanciers. Par esprit de vengeance (sans conséquence) on accompagne le petit noir en grignotant nos encas sur la terrasse interdite aux pique-niques. A presque midi il est temps de repartir en direction de la Cabane des Grands par un plaisant sentier à flanc de coteau sans déclivité sensible et qui surplombe Trient et le Valais. Aux deux tiers du parcours se présente le passage d’un torrent, allègre et charmant. Semblable à d’autres sur le parcours il reste néanmoins unique dans les anales du CAS Montreux… et dans la mémoire des participants à cette presque même course du 27 octobre 2007, organisée par la même cheffe, course qui  trouva le groupe bloqué par une large rivière de glace. Obstacle franchi sans dommage mais non sans peur grâce à quelques bouts de ficelles et la maestria des courageux. Des souvenirs qu’on célèbre et dont on rit, comme souvent des plus grandes frousses. Corinne, avec le sourire mais sérieusement, propose qu’une demande soit soumise à la Commune de Trient afin que le dit passage soit officiellement baptisé « Cascade Wauters », pour la gouverne des générations futures, réchauffement planétaire oblige.

Au Trône du Berger (2238m), sublime perchoir avec vue sur le glacier des Grands et celui du Trient, c’est l’heure du pique-nique : un verre de rosé et l’effort partagé encouragent les confidences, graves ou légères elles cimentent une amitié profonde, généreuse et respectueuse. Peu concerné Shaman s’assoupit à l’ombre… les températures ne sont pas caniculaires mais courir les sentiers en manteau de fourrure, et en tirant la langue, est un sport fort exigeant.

A la cabane des Grands (section Payerne) on échange quelques mots avec les gardiens puis c’est la descente vers le bisse de Trient et le retour au col de la Forclaz où Louis, bienveillant, nous signale par téléphone qu’il a réservé une table. Vers 16h30 le groupe est posé sur la terrasse et se délecte de glaces, tartes, bières et limonades. Un peu plus tard on se sépare; le Jazz terminé la veille permet de rejoindre la Riviera sans encombrement excessif et chacun se retrouve chez soi avant 19h.

Un tout grand merci aux participants pour cette très belle journée d’amitié revigorée par la marche de concert, la bonne humeur, une météo de rêve dans environnement admirable

Agnes Wauters (et Corinne Falquet pour l’édition)