« Simmentaler Hausweg », de Boltigen à Weissenburg 1er mai 2018

Il fallait s’y attendre : après un moi d’avril beaucoup trop sec et trop chaud, il pleut et il fait froid ! Les trois valeureux Mardistes, Karen, Philippe et Christian ont rencontré la neige au Jaun, avant de retrouver Laurent, leur chef de course bernois, à Boltigen. Un café chaud s’impose et c’est l’occasion de distribuer un petit dépliant présentant les plus belles bâtisses que nous allons découvrir sur notre chemin ( www.hauswege.ch ).

La pluie a des velléités de cesser sans y parvenir et c’est sous un petit crachin que l’on se met en marche. Un petit raidillon  – ce n’est pas le Télégraphe mais ça y ressemble, en plus modeste – nous permet de prendre de la hauteur, puis, par des sentiers et des chemins vicinaux, nous gagnons Schwarzenmatt, le point le plus occidental et méridional de notre randonnée. La vue se limite au fond de la vallée du Haut Simmental et seules l’imagination et les informations de Laurent nous permettent de visualiser le magnifique panorama embrouillardé.

Un sentier en forêt nous fait prendre de l’altitude ; les jeunes frondaisons nous protègent d’une pluie fine qui persiste et nous débouchons sur une prairie où quelques veaux se demandent bien ce que nous venons faire ici. Un chalet nous offre son avant-toit pour une première pause. Par un petit vallon sauvage, qui court à mi-versant parallèlement à la vallée principale, nous prenons définitivement la direction d’Oberwil.

Le paysage s’ouvre ; sur des sortes d’épaules et terrasses se trouvent plusieurs hameaux aux magnifiques fermes et chalets centenaires. Richement décorés, avec des inscriptions honorant les constructeurs, propriétaires et demandant la protection divine, ils font notre admiration. Les jardins fleuris mais surtout les nombreux arbres fruitiers en pleine floraison nous émerveillent. Peut-être que dans la lumière tamisée d’un soleil qui cherche en vain à s’imposer, ils sont plus mis en valeurs et sont autant de petits spots lumineux dans les prés déjà verts.

A 13 h, la Pension Hirchen  à Oberwil i.S. nous accueille pour y prendre notre casse-croute. Un bon bouillon nous réchauffe et un café nous redonne de l’entrain pour le reste de notre randonnée. Nous passons à la chapelle d’Oberwil qui vaut le détour : On en crois pas ses yeux ; on se demande si l’on a encore toute sa tête, mais c’est vrais : elle penche, ou plutôt elle monte, de l’entrée jusqu’au cœur : surprenant. Toute en bois blanc délavé, avec quelques peintures murales, cette construction datée de 1673 dégage une atmosphère bien particulière.

Le temps est un peu plus propice à la marche, mais aussi à l’observation et à l’admiration des massifs floraux qui agrémentent murs et jardins. Un régal pour les botanistes éclairés que sont nos Mardistes. Mais l’on quitte une dernière fois les espaces ouverts pour s’engager dans la gorge sauvage du Buuschebach, où se cachent les ruines des anciens bains thermaux de Weissenburg (www.weissenburgbad.ch ). Une association s’est donné pour but de faire revivre l’histoire des bains, par la restauration des ruines encore visibles et par l’apposition de nombreux panneaux très explicatifs et instructifs. Découverte en été 1600, la source est captée en 1604, comme première source thermale de l’Oberland bernois et un premier établissement est construit sans tarder. Nous découvrons cet endroit plein de charme, impressionnés par près de 400 ans d’histoire balnéaire qui reçu encore en 1936 la visite de la reine Wilhelmine de Hollande pour deux semaines, accompagnée d’une suite de 24 personnes. 1962 marqua la fin d’une épopée touristique méconnue.

En moins d’une demi-heure nous rejoignons la halte de Weissenburg, d’où le train nous ramène à Boltigen. Le ciel est toujours bouché, mais il ne pleut plus !

Laurent