Pâques au Val Stura, 30 mars au 2 avril

Le week-end de Pâques ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices…..

Il avait été décidé de descendre très au sud, plutôt qu’au Tessin. Bonne pioche : depuis une semaine, la seule accalmie d’un week-end, annoncé maussade, se profile dans la région de notre choix : Le Val Stura, à 30 km de Cunéo (Piémont) dans les alpes maritimes. Nous devrions avoir un vendredi et samedi matin avec des orages, puis beau l’après-midi, et pour dimanche et lundi, soleil avec quelques nuages dans l’après-midi.

Vendredi 29 mars

Nous voilà tous rassemblés le vendredi à 10h00 sur la place du village de Sambuco. Certains sont partis le jeudi après-midi dormant en route, le chef de course et Nicole sont partis le vendredi même.

Tout le monde est là : Karine et « Aldo-la-classe », Regula, « Choupinette » (Natalie), « Roudoudou » (Kurt) , « Alessandra la douce », Catherine, Claude (-dit-Jésus), « Love-ski » ( Rachelle), Nicole, « Chef-oui-chef » (Keller) et notre doyenne Anne-Marie.

Sous des airs d’orage, nous voilà partis dans l’après-midi pour la montée du Mont Autes en dessus de Vinadio.

Les chaussures de ski du chef oubliées dans le bus WV, ça commençait bien …. Nous entamons la course, sur un petit chemin, traversons le petit village de Neiraissa, puis une pente un peu plus raide en direction du sommet .Un bout seulement, car s’en est mêlé le vent, le grésil,  une neige pourrie et quelques dangers objectifs sur les pentes…. Un pic-nic dans l’éclaircie, et nous regagnons le milieu du village de Sambuco. Les jambes étaient dégourdies, c’était le principal.

Viennent l’heure de l’apéro au bar d’en face, chez le frère du propriétaire de l’hôtel, et souper. Les soupers, évidemment, durant tout notre séjour, furent gargantuesques ….

Préparatifs et topo de la course du lendemain et dodo.

Samedi 30 mars

Le temps est encore maussade, mais du ciel bleu commence à apparaitre. Il fait un peu plus froid et il est tombé quelques centimètres de neige. La course du jour : pas tellement de montée (1100m) mais une boucle recommandée par notre hôtelier : Bagnio di Vinadio, refuge de Migliorero, Col de Laroussa, descente sur le gîte de San Benolfo, et retour à Bagnio di Vinadio. Elle nous en aura mis plein les yeux…. Des infos précises, d’un « local » sur l’itinéraire et la mise en garde des 3 couloirs, pas encore tout à fait purgés à traverser, et nous voilà partis. Une super trace, judicieusement faite par un groupe de français, nous amène, dans une forêt de mélèzes puis en fond de vallée au premier refuge, celui de Migliorero, faisant furieusement penser à l’hôtel de « Shinning ».

A gauche toute, et nous attaquons le col.

 

 Quelques 500m de pente soutenue, toujours tracée à la perfection, et nous sommes sur l’autre versant. Là, nos amis traceurs décident de redescendre par le même chemin. Nous voilà seuls …. Au chef de course de décider : Ou nous tentons la descente sur le 2ème gîte sans aucune trace devant nous, ou nous redescendons par le même chemin. L’heure est bonne, « chef-oui-chef » va reconnaitre le début de la descente, un peu soutenue au début. Bon choix : Nous skions sur une petite moquette qui va nous accompagner sur presque toute la pente. Nous sommes vraiment seuls au monde. La fin du dévaloir nous offre une neige beaucoup plus lourde, mais encore skiable. Pic-nic au village de San Benolfo.

Pendant le pic-nic, l’idée d’un café a fait saliver tout le monde, mais le village est désert. Alors nous rechaussons les skis pour prendre le chemin qui nous ramènera au point de départ.

C’est alors que nous nous cassons le nez, 100m plus bas que l’endroit du dîner, sur le refuge du Dahu ouvert, avec terrasse, café et bières …, alors re-pause….

La suite de la descente se passe sur le chemin raquette pour arriver de nouveau à Bagno di Vinadio.

Là, il y a des thermes qui auraient étés bienvenus. Ils sont malheureusement en rénovation. D’après nos renseignements, la source d’eau chaude naturelle sort en contrebas du chemin : allons voir.

Et là, quelques petits bassins, aménagés dans la roche, à l’à-pic de la route, presque dans la neige, l’eau thermale est là, sortant des cailloux. Comme des gosses, les habits de skis enlevés, nous profitons de ces bains improvisés !!!

Puis, retour à Sambuco pour profiter de la terrasse. Pour Pâques, Anne-Marie nous offre des petits chocolats, charmante et sympathique attention !

Dimanche 1 er avril

La journée commence avec Aldo qui nous dit : « Aujourd’hui, pas de ski pour moi, je ne me sens pas bien ». Et tout le monde de s’inquiéter….

« Poisson d’avril ».

Très drôle….

Ce dimanche, ciel sans un nuage…. Nous allons aller du côté du col de la Colombière. Nous parquons à Argentera pour faire la Punta Enchastraye, 2956m. Départ plutôt chaotique : L’endroit de départ est en amont du parc. Une rivière, des mélèzes et des rochers à traverser et enfin nous pouvons commencer la montée vers le sommet du jour. Le chemin longe un vallon, et à nouveau nous devons inventer un cours passage qui longe le vallon. Du coup, l’heure avance et nous avons perdu presque 1h30. De là, s’offre deux solutions : à droite, sur un col, tout au soleil, où plusieurs randonneurs nous devancent, ou la montée initialement prévue, qui devrait nous emmener dans un « canyon » débouchant sur un immense plateau et le sommet. Tout le monde est d’avis qu’il faut aller voir ce fond de vallée. Nous sommes comme des explorateurs : aucune trace et pas âme qui vive dans cet endroit. Nous entrons dans le canyon, et c’est exactement ça : Le vallon se resserre et nous laisse une sorte de couloir avec des murs de neige d’environ 4-5m de chaque côté, juste superbe. A sa sortie, effectivement, un immense plateau vallonné avec au fond, la crête qui fait frontière avec le parc du Mercantour, et notre sommet.

Nous continuons notre exploration. Le sommet est en vue. La question se pose au vu de l’heure et de la traversée sous le col du sommet dans une pente exposée, est-ce raisonnable …. ?

Au final, nous nous rabattons sur l’antécime du sommet d’à côté, Le tre Viscovi.

Un petit peu de descente, dans une neige un peu poudreuse, pour trouver un endroit à l’abri du vent et nous sortons nos sandwichs. Et là, nous avons l’impression d’être seuls au monde. Une étendue blanche autours de nous, de plusieurs kilomètres carrés, et pas une seule trace …. sauf les nôtres.

Mais voilà, 2 motos neige, sur une pente en face de nous, font « mumuse ». Le charme de cette solitude est rompu. Dès lors, nous remballons nos sacs et commençons la descente pour de bon. Une descente mémorable dans le canyon, puis toute la vallée jusqu’ au pied du col. Là, un retour un peu rock and roll jusqu’aux voitures et nous filons à l’hôtel prendre une bière bien méritée. Presque tout le groupe décide d’aller au sauna, qui est au sous-sol de l’auberge. Chacun profite des chaises longues, d’aller se rouler dans la neige ou de prendre des douches froides ou bouillantes.

Une petite maline trouva l’excellente idée, pendant que toutes et tous batifolaient, que d’attacher ensemble et avec beaucoup de nœuds, les chaussures du chef.

Elle resta bouche-bée au souper, quand elle vit les dites chaussures, aux pieds d’une dame à une autre table… Bien fait pour toi, Love-ski, la prochaine fois, regarde le modèle de baskets du chef avant ….

Lundi 2 avril

Le retour ….

Personne ne voulut retourner chez soi sans profiter encore une fois de cette région. Il a été décidé de monter en direction de la Cima deli Loses. Nous irons jusqu’au Colletto Ferriere. 2h30 de montée, histoire de rentabiliser la journée. A nouveau un superbe panorama qui nous montre, au vu des traces au loin, pleins d’itinéraires encore à faire. La descente  se fit avec regrets : temps splendide, neige excellente, température agréable, mais il est temps de rentrer. Rendez-vous avec Rachelle qui était au repos à cause d’un genou récalcitrant. D’ailleurs, elle en profita pour allumer un cierge dans la petite église de Pietripozio et d’y suivre la messe. Malheureusement, si discrète fût-elle, son téléphone sonna et des regards noirs se dirigèrent dans sa direction. Elle en profita pour sortir vite fait, et discrètement, nous nous attendre au bord de la route.

Tous ensemble, avant de se séparer, un pic-nic s’organisa dans le village fortifié de Vinadio, puis chacun rentra chez soi, les yeux plein de chouettes souvenirs.

Keller