Musée Alpin Berne 8 avril 2018

Dimanche 8 avril, sortie culturelle emmenée par Rita et Armand Vuichard. Départ de Montreux à 09.00 heures pour une heure plus tard retrouver l’Helvetiaplatz et le Musée Alpin Suisse. La visite commence par … un brunch bien garni, autour d’une table favorisant les retrouvailles et conversations animées entre les neuf participants montreusiens.
Rendez-vous avait été pris pour midi avec Ivan Moscatelli et Nathalie Lötscher. Le premier est un peintre dont plusieurs tableaux sont exposés, la seconde une représentante du musée qui prend la parole en premier, conviant ses auditeurs à un jeu : prendre place sur l’escalier en fonction du sentiment inspiré par la montagne, du haut vers le bas, de l’amour aux peur et frustration. Ainsi ceux pour qui c’est un milieu hostile redescendent alors que les autres demeurent au sommet, autour d’une grande toile, posée sur le sol et représentant une bonne quantité de cervins en forme de cornets de glace – la visite elle-même s’intitulait « Le Cervin, toujours ». Gelati Cervino, une entreprise fictive créée par Moscatelli lorsque quittant son apprentissage de confiseur-glacier sur la place Pury à Neuchâtel il a décidé de se consacrer à la peinture. Voilà un artiste empathique et émouvant. Il embrasse la dame pour qui la montagne est tellement oppressante que les larmes lui viennent aux yeux. Le Cervin aux parfums de fraise, fée verte, abricot, chartreuse entre autres est suivi de toiles Cervin individuelles, un tableau pour chaque jour de la semaine, six jours de tendresse et une nuit passionnée.
Ivan Moscatelli est l’un des trois peintres vivants parmi ceux dont les œuvres sont présentées dans l’exposition principale actuelle. Son travail n’est de loin pas consacré au seul Cervin. Pour le connaître mieux, je recommande la monographie de 256 pages qu’il dédie « A mes amis, avec amour. A mes ennemis, avec humour », publiée en 2004 par les Editions Gilles Attinger à Neuchâtel, publication trouvée sur internet en format pdf .
L’exposition principale montre aussi les œuvres de plusieurs autres peintres, Alexandre Calame, Edmund Wunderlich, Berthe Roten-Calpini, Karl-Paul Anneler. En bons clubistes du CAS Montreux, nous nous réunissons auprès d’une toile non datée, peintre inconnu, représentant le château du Châtelard et le Grammont. La photo est tirée par Nathalie Lötscher. A genoux, aux pieds de Marguerite, Ivan Moscatelli. Avant de quitter la salle d’exposition, assise sur une estrade ronde légèrement surélevée qui tourne lentement, j’écoute le très beau texte de Antoine Jaccoud « Regarde, ces montagnes que nous aimons, elles sont toutes là, qu’est-ce qu’elle a donc cette montagne qui mérite que nous la regardons… vogliamo vedere le nostre montagne répétait Segantini peu avant sa mort alors que justement il ne pouvait plus y retourner.
Il semble y avoir un lieu Ferdinand Hodler, je ne l’ai pas visité. A un autre endroit fonctionne un appareil montrant une collection de paysages de montagne classés par thème ; on y introduit une plaque en bois choisie en fonction du thème souhaité.
Au rez de chaussée, Biwak 21 expose des images et des photographies d’Emil Zbinden. Au rez de chaussée, Biwak 21 expose des images et des photographies d’Emil Zbinden, sculpteur sur bois, peintre et dessinateur, et de ses amis artistes qui documentent la construction du barrage Grimsel-Oberaar dans les années 1950.
Avant de quitter le musée, après avoir vu et entendu tant de belles choses, conscients de la menace d’effondrement financier que court le musée si entre en vigueur la décision de l’Office fédéral de la culture de réduire de 75 % la subvention annuelle accordée au musée, nous signons la liste de soutien.
L’exposition a été ouverte le 15 mars et se terminera le 19 août 2018.
La journée n’est pas terminée. A l’aller, le matin, alors que nous passions à la hauteur du lac de Gruyère, Rita avait annoncé son intention de s’y arrêter au retour. Chose dite, chose faite, profitant du soleil printanier, nous nous y retrouvons, loin d’être les seuls : une véritable foule de piétons sillonne le terrain découvert qui permet à cette époque de l’année de se rendre sur l’île à pied sec ; plusieurs agents régulent le stationnement des voitures. Cette situation est provisoire, chaque année le niveau du lac est volontairement abaissé. Au TJ RTS de ce dimanche soir, confirmation nous est donnée que l’île d’Ogoz était LE lieu où il fallait se trouver.
« Dès 1948, la mise en eau du lac de la Gruyère a transformé le bourg d’Ogoz en île. Les fouilles du site ont démontré la présence de l’homme à cet endroit dès le mésolithique. Les deux châteaux et les vestiges les plus impressionnants datent du Moyen-Âge, comme la chapelle dédiée à Saint Théodule. »
Bravo et merci à Rita et Armand d’avoir réussi à grouper, en une seule journée dédiée à la culture, deux visites différentes l’une de l’autre, intérieure et extérieure.
Récit de Madeleine de Bastos