Miroir d’Argentine

Au matin du samedi 30 août, nous sommes une poignée de copains à nous retrouver aux aurores sur le parking de Chailly. Le sourire se lit sur nos visages, malgré une courte nuit. Et pour cause: si l’escalade initialement prévue à l’arête vierge n’a, hélas, pas pu se concrétiser, elle est remplacée par une course mythique au miroir d’Argentine, haut lieu de l’escalade de notre région.

Wolf s’étant « sacrifié » pour nous permettre de constituer des cordées de deux, Ladislav prend les commandes de la course.

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Malgré notre départ matinal, arrivés au parking de Solalex, nous constatons ne pas être les premiers sur les lieux où d’autres grimpeurs semblent avoir passé la nuit pour être au plus tôt dans la face. Le groupe constitué de Ladislav, Thomas, Emmanuel, Hartmut, Eloïse et moi entame sa marche d’approche. Sous un brouillard qui fait office de couvercle, la chaleur et l’humidité donnent à cet environnement des allures tropicales. Un peu plus d’une heure après avoir laissé derrière nous Solalex, nous voilà au départ de la voie normale dans laquelle quelques cordées s’engagent déjà. Si ici les spits demeurent visibles, ils se feront plus rares par la suite, sollicitant le courage et l’engagement des premiers de cordées (Merci!) qui ont rendu cette ascension possible. Les premières longueurs constituent un échauffement musculaire, parfois certaines prises sont patinées, puis nous rejoignons une vire qui nous permet de quitter la voie normale pour rejoindre la Directe.

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Le soleil joue à cache-cache dans un brouillard qui ne nous permet pas d’appréhender pleinement le vide qui peu à peu augmente sous nos pieds. Cette nébulosité donne cependant à la course une ambiance alpine, parfois relativement austère. L’escalade dans la Directe est magnifique, le rocher superbe, agrémenté de fissures qui forment les prises utiles à l’ascension de cette dalle.

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Arrivés au sommet d’une douzaines de longueurs, nous entamons la descente, laquelle sollicite notre sens de l’orientation. Après avoir essayé de nous frayer un chemin dans des contre-pentes peu avenantes, nous rejoignons le fil de l’arête où les cordes s’avèreront utiles pour tranquilliser les esprits des moins téméraires. Puis nous plongeons dans la vallée par un couloir, dans un terrain boueux à souhait et qui a contraint la majorité d’entre nous à tester les lois de la gravitation.

Fatigués mais ô combien heureux de la journée partagée dans ce lieu qui invite au rêve, nous nous retrouvons pour un verre dans l’une des auberges de Solalex. Nos regards glissent une dernière fois sur le miroir qui émerge du brouillard: nous l’avons fait! Encore un grand merci à tout ceux sans lesquels cette journée n’aurait pas été possible et une pensée particulière à Wolf, grand absent du jour.

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 Grégory Fragnière