Madère 5 au 12 juin 2018

 

Mercredi 6 juin, Les Levadas . Récit de Béatrice

Nous sommes 26 clubistes, logés dans une oasis, véritable jardin botanique de toute beauté.
Première nuit, puis départ en bus à quelques mètres de l’hôtel. Danilo notre guide et Paolo notre chauffeur nous y attendent. Soudain le bus se remplit de fumée … frayeur vite dissipée et rire général. C’est l’extincteur du bus qui a été déclenché lors du passage d’un clubiste. Nous roulons direction Centre-Ouest de l’ile. Danilo nous conte Madère avec enthousiasme, sa flore, ses forêts typiques, au fur et à mesure des paliers que nous prenons de l’altitude. De 0 à 400m: fruits (banane, avocat, kiwi) et légumes. De 400 à 600m vigne et canne à sucre. De 600 à 1200m genêts, pins, eucalyptus, épicéas, lauriers. La colonisation par les Portugais s’est faite en 1425. La construction des canaux d’irrigation a été effectuée par les esclaves. Arrivés à destination nous nous dirigeons à pied vers un bisse assez vertigineux et dangereux par endroits sur 4,7km. Première étape Rabaçal puis nous longeons  durant 2h un bisse  (celui des 25 fontaines)  jusqu’à une chute d’eau type “pisse-vache” qui alimente un tout petit lac. Il y a là une foule de “pèlerins” tous intéressés par ce lieu.
Au retour nous franchissons un tunnel munis de lampes frontales, dans une ambiance de chœur mixte. Notre marche se poursuit sur un agréable chemin, le bus nous attend. Il est 16h. Anne-Marie et Louis nous rejoignent plus tard. Pour eux aussi la marche fut parsemée de surprises!

Jeudi 7 juin à Santana, dans la partie Est de l’île. Récit d’Yvette

Départ  avec notre guide Danilo pour une journée bien rythmée …30 minutes à chaque arrêt, pas une de plus. Tout le monde est là…le soleil, le brouillard (parfois) sont aussi au rendez-vous mais  avec une température idéale pour cette excursion. Nous traversons une magnifique forêt tropicale avec ses pins, cèdres, et tout au long du trajet, genets, capucines et bien d’autres fleurs encore nous accompagnent, une pure merveille pour les yeux. Puis la forêt laurifère, qui est un vestige exceptionnel d’un type de forêt de lauriers autrefois largement répandus.

C’est la plus grande forêt de lauriers qui subsiste, c’est pourquoi, elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999. La forêt primaire à environ 90%, contient un ensemble unique de plantes et d’animaux, dont beaucoup d’espèces endémiques telles que le pigeon Trocaz de Madère. Notre périple se poursuit direction le village de Camacha, situé dans une zone boisée à 700m d’altitude, au cœur du pays des saules, village qui fabrique encore les objets en vannerie qui se vendent sur les marchés. C’est aussi dans ce village, qu’a eu lieu le 1er match de football Angleterre/Portugal en 1875.

–        2ème arrêt à Ribeiro Frio pour visiter l’élevage de truites.

–        3ème arrêt au « Jardin do Vale » pour une dégustation de Punch que nous avons porté à la santé de Monique Avanthay… Merci Monique et Gisela pour nous avoir offert la tournée. Sitôt dans le car, il y avait comme un air de joyeux lurons, les langues bien déliées et les rires fusaient. Il parait qu’avec trois verres, on parle couramment le portugais. Recette du punch : rhum  – jus d’orange – jus de citron – et miel d’acacia mimosa (pour les quantités, à vous de voir).

–        4ème arrêt à Santana : cette fois 2 x 30 minutes, visite de maisons typiques du coin mais déjà d’un autre siècle.  Puis un repas bien mérité. Visite également de la maison de M. Emmanuel (6ème génération).  Petite maisonnette qui existe depuis 256 ans.

Départ en direction de Porto da Cruz pour la visite de la fabrique de rhum (à toute golée) et même un bain de gambettes express dans l’océan  atlantique pour certains. En route pour la pointe de San Lorenzo pour crapahuter et prendre de beaux clichés car le lieu y est formidaaaaable ! Avec ses grandes falaises surplombants  l’océan et ses eaux limpides à vous couper le souffle, criques et rochers vertigineux, une beauté sauvage magnifique.

Bref, une journée sport avec tous ces arrêts,  un peu moins agréable pour les genoux mais  avec un bon soin, le tour est joué !!!

Vendredi 8 juin à Baia d’Abra, Ouest de l’île – Récit de Christiane

Partons à 8h30 pour prendre un bus local dont l’arrêt se trouve à quelque 20 min de l’Hôtel Splendida. L’ambiance dans le bus était tout aussi locale : je raconte l’anecdote brièvement : « Un Monsieur d’un certain âge était assis laissant une place libre côté fenêtre (alors que le bus était complet), quand un vieux Monsieur handicapé monte et essaie de trouver un siège.  La personne ne bouge pas pour lui offrir le siège vacant, puis une dame se lève à l’arrière du bus et sermonne d’une voix aigüe le Monsieur confortablement installé. Finalement ce dernier se lève et, c’est une jeune femme qui aide le vieux Monsieur à s’asseoir, puis elle lui empoigne la jambe fermement des 2 mains pour l’installer mieux… visualisez la scène…. Quelques instants plus tard la dame du fond du bus revient en criant plus fort encore pour lui faire part, je pense, de son indignation … ». Le culte des Anciens paraît bien présent sur cette île !

Passons par une multitude de jolis petits villages fleuris aux ruelles très pentues et étroites… Sommes heureux que les freins du bus fonctionnent bien ! Nous voilà déjà au point de départ de notre randonnée :  la péninsule la plus à l’est de l’île, baptisée comme la caravelle de Gonçalves Zarco au moment de la découverte de l’île de Madère : Sao Lourenço. Abordons cette péninsule balayée aujourd’hui par un vent violent qui ne nous quittera guère durant cette merveilleuse journée ensoleillée.
D’origine volcanique, en grande partie basaltique, nous trouverons aussi des formations de sédiments calcaires très variés. La végétation est basse, absence totale d’arbres, ce qui nous permet d’admirer de fantastiques panoramas. Les points de vue sur la mer où les vagues se fendent sur les rochers de teinte ocre dévoilent certainement les plus beaux paysages de falaises à Madère….Nous foulerons les sentiers de Baia d’Abra de 4 mio d’années jusqu’au point culminant, nous offrant une vue spectaculaire sur Ponta de San Lourenço et son littoral, qui présente une forme découpée, fruit de l’érosion provoquée par les eaux de l’océan et les vents fréquents.

Au cours de notre balade, Laurent nous donnera un cours particulier, fort intéressant, sur la volcanologie. Toutefois, il conseille vivement à Pierre (qui a mis une bombe dans son sac) de ne pas parler de « bombes » ni à l’aéroport, ni dans l’avion …  (Bombe : fragment de lave projetée par un volcan !)

Samedi 9 juin : « free day ». Récit d’Anne-Claude

donc possibilité de rester à l’hôtel faire la grasse matinée, profiter du superbe jardin, se baigner dans la piscine extérieure chauffée ou faire un tour au spa.

Mais étant à quelques kilomètres de Funchal, c’est aussi l’occasion de s’y rendre en taxi ou bus public afin de visiter le grand marché (au poisson, fruits et légumes), la cathédrale, la vieille ville remplie de touristes (mais les portes peintes d’une des ruelles sont originales),la belle place de la Mairie, ou flâner au bord de l’océan ou prendre le téléphérique pour visiter le jardin botanique et le jardin tropical

Finalement chacun a profité de la journée, selon ses envies et en partageant ses expériences avec le groupe. Une journée « libre » mais pas forcément de tout repos !!

Dimanche 10 juin, Pico Areeiro et Pico Ruivo. Récit d’Evelyne

La journée s’annonce belle une lumière d’été baigne la salle du petit-déjeuner. Nous prenons le bus à 8h30 et en route pour le Pico do Areeiro et Pico Ruivo. Sitôt  descendus du bus, nous approchons les chalands, en fait la température est glaciale, le vent n’arrange rien et un brouillard nous enveloppe. Le groupe se scinde : 14 entament la plus grande marche, 12 nous rejoindront après un parcours plus aisé.

Lorsque le brouillard se déchire nous devinons en contrebas une grande diversité de formes et de couleurs, la nature est généreuse. Petit échantillon de lichen orange, mousse et fougères qui portent encore la rosée émergent dans les intersidéraux du basalte. Les plantes grasses sont collées comme des assiettes étoilées aux murs de pierres et partout des genêts jaune or, des marguerites, des orchidées ici et là parmi les troncs de bruyères carbonisées et blanchies.

Rien n’est monotone ou répétitif, le sentier traverse 4 ou 5 tunnels courts. L’espace réservé au cheminement est étroit et sécurisé à peu près partout. C’est un pavage fait de main d’homme, conçu pour faciliter la marche et nous laisser jouir de ces merveilleux moments. Nous approchons du Pico Riuvo  1861m. Nous voilà enfin à la cabane, nous ne sommes pas les seuls, des rochers ici et là nous servent d’assises.

Le reste du groupe (12) nous rejoint bien que le virage à gauche préconisé par le chauffeur du bus ait retardé leur arrivée!. Ils ont eu assez de bon sens pour redresser la barre. Nous voilà tous rassemblés pour entamer notre pique-nique bien mérité. 14h00, heure prévue pour la descente mais en électrons libres certains se mettent en route déjà à moins le quart – holà holà Gisela et Danilo s’arrangent, nous partons. Karen a juste le temps de ramasser son sac à dos, Pierre jette un dernier coup d’œil !!!
Le bus fait un arrêt à Santa Cruz pour un rafraîchissement et quelques douceurs, une clôture de course bien sympa. À demain pour de nouvelles aventures .

Lundi 11 juin,  l’Ouest de l’île . Récit de Laurent

Notre séjour tire à sa fin et cette journée de lundi est consacrée à l’ouest de l’île. Comme à l’accoutumée, le ciel est très changeant, couvert à l’est au départ, nous aurons à nouveau toutes ses variations… sauf la pluie. C’est une succession de points d’orgue qui nous attend. Sur la côte sud-ouest après une grimpette dont notre chauffeur a maintenant l’habitude, nous découvrons le Miradouro do Cabo giräo : un belvédère qui surplombe la mer à 580 m d’altitude. La vue est saisissante, presque une photo aérienne des quelques lopins de terre cultivés sur le rivage. Mais ce n’est qu’un début: après avoir traversé dans les terres vers le nord, nous voici aux grottes volcaniques de Sao Vicente. Pour la grande majorité d’entre nous, la découverte d’un phénomène bien particulier: des conduits, où s’écoulait la lave à 1200 °C, se sont vidés à la fin des éruptions, donnant naissance à des tunnels que l’on peut visiter. C’est un livre d’images figées au cœur de la terre ! Il est temps de manger et Danilo nous a préparé une surprise: des brochettes de bœuf au feu de bois nous sont servies avec les patates et un peu de salade. Excellent, tout à fait local. Puis il faut repartir; Porto Moniz est connu pour ses piscines naturelles à hauteur de mer. Quelques murets ferment des vasques naturelles et les vagues apportent continuellement un lot d’eau fraiche. Mais le programme ne nous permet pas d’en jouir, malheureusement. Et nous voici arrivé au point le plus occidental de l’île. Au pied du phare, une plaque commémorative signale aux visiteurs que c’est le point le plus proche du « Point zéro » des nouvelles coordonnées fédérales suisses (LV95), ce que Jean-Philippe nous explique avec clarté. Il est temps de revenir à notre hôtel. En route une dernière halte permet à Danilo de nous présenter par le détail, face à des plants bien vivants, la culture de la banane et son développement.

Une ultime rencontre au bar de la piscine permet de remercier en particulier Gisela et Heribert, qui ont été les initiateurs et organisateurs de cette semaine. Merci à eux et à toutes celles et ceux qui ont contribués à la réussite de notre séjour.
Ainsi s’achève la découverte de Madère pour les 26 participants.