Les Mercredistes entre Gland et Nyon (16 octobre 2019)

Deux mots sur la visite guidée de l’exposition “À table, que mange la Suisse?” au Musée national de Prangins. Nous avons appris à observer un des nombreux tableaux de repas par Daniel Spoerri (né en 1930 en Roumanie). Nous avons appris (avec étonnement) par ailleurs que la tradition des repas se composant d’une entrée, d’un plat principal et d’un dessert vient de Russie. Le “service à la russe” se distingue ainsi du service à la française, qui consistait à présenter tous les plats en même temps)(voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Service_%C3%A0_la_russe). La fourchette est apparue au 17è siècle: elle a d’abord deux dents, puis trois, puis quatre.

Quelques mot maintenant sur notre itinéraire (source principale: www.sentierhistoriquelacote.ch ).

Introduction : Marcher à travers les communes de Prangins et de Gland, c’est emboîter le pas au baron Louis François Guiger (1741-1786), qui s’employait à parcourir sa seigneurie quasiment tous les jours… Le territoire de la baronnie s’étendait sur plusieurs villages, dont Prangins, Gland et Vich. Au 18e siècle, c’était l’une des plus importantes seigneuries du Pays de Vaud.

Gare de Gland : Le chemin de fer est arrivé à Gland en 1858, mis en place par la Compagnie de l’Ouest Suisse. La ligne se trouvait alors assez éloignée du village avec une implantation au beau milieu des champs. D’une manière générale en Suisse, l’installation du chemin de fer a contribué à déplacer les centres anciens avec la construction de gares en bordure des villes et des villages, liées à de nouvelles infrastructures. L’avènement du tram Begnins-Gland en 1906, puis surtout celui de l’autoroute Genève-Lausanne en 1964 accélérera fortement le phénomène d’urbanisation de la région.

Les Avouillons : Dès 1779, les époux Guiger construisent une métairie. Les aménagements paysagers autour de la ferme comprendront le creusement d’un canal, la construction d’un aqueduc, la plantation d’une châtaigneraie, d’une allée de peupliers puis d’un verger. Le domaine s’enrichira progressivement d’une basse-cour, d’un troupeau de moutons, d’une porcherie puis, à l’automne, de génisses et de vaches. Cette métairie est légèrement antérieure au Hameau de la Reine à Versailles, une référence pourtant incontournable en Europe!

Villas Rose et Verte : Fortins d’infanterie camouflés en de charmantes maisons d’habitation aux fenêtres peintes en trompe-l’œil, les Villas Rose et Verte sont uniques dans le pays. La Villa Rose constitue l’un des éléments forts de la ligne de défense protégeant la Route suisse, principale voie de pénétration depuis Genève jusqu’en 1964. La Villa Verte a été conçue pour deux mitrailleuses 11 (1911), un commandant et cinq soldats. Dans la toiture se situe le logement pour la garde extérieure. Classées comme secret Défense jusqu’en 1995, ces villas bunkers ne sont connues du public et cadastrées qu’à partir de cette date. Elles ont reçu une note 2 au recensement architectural du canton de Vaud. La Villa Rose est devenue un musée reconstituant le fortin tel qu’il était en 1940.

Dès 1940, on a construit les toblerones. Les plus nombreux sont des tétraèdres. Dans un gabarit en bois, on plaçait d’abord une armature en fers à béton, puis on coulait le béton par la pointe.

Le fortin constitue un élément d’importance majeure dans un barrage de défense locale. Il protège efficacement la troupe et les armes d’infanterie. Sa position dans le terrain lui permet de couvrir les routes et les fortins voisins.

 Les Napoléon : A la chute de Napoléon 1er, dans les années 1814-1815, certains membres de la famille impériale se réfugieront en Suisse.

Joseph, frère aîné de Napoléon 1er, achètera le château de Prangins ainsi que la propriété voisine, qui deviendra La Bergerie, mais il sera déjà expulsé du pays en mars 1815 par le gouvernement vaudois.

En 1859, le fils de Jérôme (le plus jeune frère de Napoléon 1er), Napoléon-Jérôme Bonaparte, appelé prince Napoléon ou plus prosaïquement Plon-Plon, rachètera La Bergerie, vendue comme le château de Prangins par Joseph en 1827. Il y fera construire l’actuel club house du Golf Impérial, appelé autrefois Villa de Prangins.

Promenthoux: Le village de Promenthoux a atteint son importance maximale au 13e siècle ; une famille noble portait alors ce nom et une église paroissiale Saint-Etienne y était établie.

Le Golfe impérial (cf. www.golfdomaineimperial.com/fr/page-historique-p3.php ). Propriété, aux 17e et 18e siècles, des Barons Guiger de Prangins, le Domaine Impérial est acquis en 1859 par le Prince Jérôme Napoléon , fils de Jérôme Bonaparte et cousin germain de l’Empereur Napoléon III.

Après la chute du Second Empire, le Prince n’a plus les moyens de conserver l’intégralité de sa propriété. Il en vend une partie à Charles Lucas, un bon ami anglais. … Charles Lucas retourne en Angleterre en 1885 et se succèdent alors Albert, Duc de Broglie, puis Say, fameux empereur parisien du sucre, dix ans plus tard.

Jules Couchoud, maître imprimeur Lausannois, l’achète en 1910 pour la restaurer avec toutes les garnitures et les adjonctions chères à l’époque, et la revendre aussitôt à Ashton Clarke, une riche rentière parisienne.

Dès 1925, la résidence est occupée par le Baron Walter d’Orville et, en 1940, par Pierre-Marie Durand. En 1942, en pleine guerre mondiale, on procède à son état des lieux en vue d’une expropriation pour cause militaire. Le Domaine Impérial est traversé de part en part, par une ligne de défense  antichars, dans le style “toblerones”.

La guerre finie, la Villa Prangins change encore de propriétaire. C’est Ernest Morf qui l’acquiert en 1953 et son fils Victor en hérite en 1971.En 1984, Victor Morf vend la propriété à la S.A. du Golf du Domaine Impérial qui contrôlait déjà la plaine jusqu’à la Route Suisse (sur la commune de Gland) et la zone arborée cernant la Promenthouse (sur la commune de Prangins).

Cela permet la disposition actuelle des aménagements du club et c’est le 14 octobre 1985 qu’est donné le premier coup de pioche pour créer le parcours imaginé par Pete Dye, relayé sur place par Russell Talley, après d’autres dessins proposés par Alliss, Thomas, Mancinelli, Jones ou Baker.