Les Follatères 21 mars 2017

Il n’est pas 9 heures, que tout le monde se retrouve au parking de Rennaz. Le ciel est couvert par un brouillard élevé à près de 2000 mètres, pas trop compact, et sa dissipation semble encore possible. Le temps semble vouloir rester au sec malgré la perturbation annoncée pour la fin de journée. Bien que rien ne presse, nous embarquons rapidement pour nous rendre à Dorénaz, où nous laissons la voiture de Karen, avant de nous rendre au pont de Branson où les choses sérieuses commencent.

Nous sommes neuf, huit dames et votre serviteur. Un bon chemin de vigne nous invite à prendre rapidement de l’altitude. La marche est vite entrecoupée de courtes pauses, car les fleurs font foison et Karen, en botaniste compétente, nous montre la richesse et la variété des plantes qui bordent le chemin et égaient les talus : des anémones, des corydales, de l’absinthe et quelques plantes grasses qui se collent à la roche presque nue. Rapidement au dessus des vignes, nous traversons obliquement des terrasses de cultures abandonnées depuis longtemps, pâtures à moutons en friches reconnaissables par quelques clôtures mal entretenues. Quelques cactus y ont trouvés refuge. Le chêne est l’arbre dominant, sombre et austère sans feuilles. Il forme quelques haies et domine en forêt. La montée est moins raide, il y a même des traverses horizontales et descendantes, avec vue dégagée sur la plaine du Rhône, mais c’est un court répit. Nous retrouvons l’ancien chemin, encore partiellement et grossièrement pavé, qui monte, de façon soutenue, en direction de la Jeur Brûlée. Dans le sous-bois plus dense, on observe l’hépatique en belles touffes violettes

Près d’une heure et demi que l’on marche : sur un éperon rocheux surplombant la plaine et le coude du Rhône, il est temps de faire une pause et de reprendre des forces. Malheureusement une horde de jeunes moucherons agressifs nous gâchent le plaisir d’admirer un paysage de plus en plus dégagé. Après une photo souvenir des « Folles à terre », dixit Edith, il est temps de repartir. Mais le plus gros de l’effort est derrière nous : bien vite nous atteignons l’éperon des Follatères proprement dit, à 888 m, qui marque le coude de la vallée du Rhône. Nous nous engageons dans une longue traversée en direction de Champex d’Alesse, légèrement ascendante, mais avec aussi quelques petites redescentes, qui vont faire se cumuler les dénivelés, à travers une forêt laissée à elle même, vierge de tout entretien et d’exploitation. A juste titre car extrêmement raide, exposée aux chutes de pierres, entrecoupée de ravines et de couloirs peux avenants, on avance dans un monde des plus naturels. Dans les zones légèrement plus humides fleurisses des bulbocodes.

Et voici la récompense : une table, des bancs ; nous sommes au Trou à l’Ours. Il est presque 13 h, le temps de se ravitailler, de boire à la santé de chacune et de chacun, et de reprendre des conversations interrompues par l’effort. Protégés par un dernier rideau d’arbres, nous profitons pleinement de ce moment de répit. Et nous sommes à moins d’une demi-heure de notre but : le téléphérique de Champex d’Alesse.

Dès la sortie de la forêt, un vent aigrelet nous accueille : le ciel est plombé direction Léman et sans plus tarder nous attaquons le dernier raidillon qui nous amène au téléphérique.

En l’absence de cabinier, Karen assure la manœuvre – c’est-à-dire un contact téléphonique avec le machiniste – et nous voici bientôt tous de retour à Dorénaz. Un sympathique petit café nous y accueille et il ne reste plus à Karen qu’à reconduire les chauffeurs au Pont de Branson. Mais où sont ses clefs ? Dans la voiture d’Anne-Marie pardi, au Pont de Branson ! Merci au gentil chauffeur du coin qui nous a dépanné. Et Merci à Karen qui nous a fait découvrir un coin de nature très sauvage à deux pas de chez nous. Etaient de la partie Karen, Anne-Marie, Beate, Edith, Evelyne, Geneviève, Jasmine, Silvia et Laurent

Récit de course par Laurent