Haut Atlas – du 7 au 15 mars 2015

Samedi 7 mars

Voilà plus d’une année que notre président de section d’alors, Wolf, a lancé le projet d’aller skier au Maroc, dans le Haut Atlas, et maintenant l’équipe de 8 personnes se retrouve en début d’après-midi à l’aéroport de Genève. Il y a juste un détail, mais non des moindres, à résoudre en vitesse, Wolf a oublié son passeport à son domicile. Ouf, son épouse Sandra arrive juste à temps pour lui apporter ce sésame, en venant en voiture puis en train depuis Nyon, car il y a encore le Salon de l’auto qui occasionne de magnifiques bouchons !

Enfin, décollage vers 15h20 et arrivée à Marrakech à 17h45, heure locale.

07.03 - Un régal la place vers le hublot !

07.03 – Un régal la place vers le hublot !

 

 

 

 

 

 

 

07.03 - Changement de décor.

07.03 – Changement de décor.

 

Nous avons l’air malin avec nos skis, la température est de 27 degrés, le temps plutôt couvert. Nous sommes accueillis par Mohamed, le patron du Riad Dar Al Assafir de Marrakech, notre lieu de résidence au retour, ainsi que par Houssaïn, qui prendra soin de nous durant toute la semaine. Mohamed  prend en charge la valise contenant nos effets « de ville ».

Nous sommes transférés en 2h de route à Imlil, 1700m. situé tout au fond d’une longue vallée où la route ressemble parfois à la montée du Val d’Anniviers, en pire…

Nuit dans une maison d’hôte où nous serons les seuls. Nous faisons connaissance avec notre cuisinier, qui comblera nos estomacs durant notre séjour. Premiers plats de la cuisine marocaine et ses senteurs exquises.

Promenade digestive au centre du village éloigné d’environ 1 km. C’est déjà le choc des cultures, des infrastructures. Pourtant Imlil est un centre important. C’est ici que se trouvent le bureau des guides, les « magasins » avec articles de montagnes, d’expédition, les mules, etc., pour toute la région du Toubkal.

 

Dimanche 8 mars

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08.03 – Bou Iguenouane, le but de demain, vu depuis Tizi N’Aguersoual

La nuit fut bonne. Déjeuner à 8h, départ à 8h35. Temps magnifique. Tout notre équipement alpin et « superflu » est transporté à dos de deux mules jusqu’à notre gîte de ce soir, par une route plus directe. La troisième mule transporte la nourriture et nous accompagne, avec notre cuisinier et un muletier. Nous grimpons à pied jusqu’ à Tizi (=col) N’Aguersoual à 2050m., d’où nous descendons sur la vallée d’Imnane, puis la remontons  en traversant des villages berbères : Ikkis, Tamguist, Ouanskra, pour rejoindre celui de Tachedirt à 2300m.

Ces villages sont très jolis de loin, mais quelle déception quand on s’en approche, les autochtones jettent, ou laissent au sol et dans les ruisseaux tous les déchets, les sacs plastiques, les emballages de toutes sortes, et les enfants y jouent quasi pieds nus. Les maisons sont très rudimentaires, mais elles ont presque toutes leur antenne parabolique !

Les conditions de vie sont très rudes, on est à plus de 2000m. La température peut tomber jusqu’à  -15 degrés et y avoir beaucoup de neige comme cela fût le cas fin 2014.

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“Blanchette”, mule-cuisinière

 

 

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08.03 – Ikkiss

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08.03 – salade magnifique, malgré les mises en garde comment résister ? Il n’y aura heureusement pas d’effet secondaire malheureux

 

En cours de route, halte pour le dîner, préparé sur le terrain et c’est sur de confortables matelas que nous nous rassasions.

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08.03 – Espérons ne pas en avoir besoin, elle ne doit pas être prête à partir rapidement

Nous arrivons vers 15h à notre étape du jour. A part un touriste solitaire australien, nous sommes les seuls étrangers. Logement dans un très beau gîte, totalement vide à cette époque. Nous essayons de nous réchauffer avec la cheminée qui nous enfume plus qu’autre chose. Bon souper, couscous géant. Les occupations n’étant pas légion dans le coin, au dodo à 22h.

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08.03 – Tachedirt

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08.03 – notre gîte à Tachedirt

 

Lundi 9 mars

Réveil à 6h, déjeuner à 6h30, départ à 7h. Temps superbe. Nos skis et souliers sont chargés sur les mules qui nous amènent tout cela à la limite de la neige, soit à environ 1h de marche. Le reste des bagages sera transféré direction notre prochain gîte, également à dos de mules.

A 8h20, nous voilà équipés pour attaquer les 1600m de dénivelé qui nous attendent. La première partie de la montée s’effectue dans une petite combe bien raide avec une neige très dure et remplie de fausses traces où les couteaux sont plus qu’utiles !

La suite se déroule sur de vastes pentes toujours bien pentues, plongeant sur notre village-étape de la nuit. Une fois au soleil, le petit vent frisquet qui nous arrivait de face se fait oublier et une douce chaleur le remplace, et ce jusqu’au sommet du Bou Iguenouane, à 3877m. A la surprise de tous, nous y arrivons facilement à ski, à 12h30. C’est alors que l’autochtone qui faisait la grimpée avec nous et que nous avions pris pour un aide de notre guide, sort de son sac à dos une multitude de bouteilles, en verre, de coca-cola, vendues pour la modique somme de 2 francs !

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09.03 – Bou Iguenouane, 3877m.

Selon Houssaïn, il fait cela régulièrement. Une manière de gagner sa vie à la sueur de son front ! Ce jour-là, nous étions les seuls sur ce magnifique belvédère et au loin nous voyons le Toubkal, au programme dans 2 jours. Descente de toute beauté dans une neige juste revenue, les derniers mètres sont piégeux, certains en ont fait l’expérience…

Bou Iguenouane, fin de la neige pour aujourd'hui

Bou Iguenouane, fin de la neige pour aujourd’hui

A 14h nous voilà à l’endroit convenu pour le dîner, puis pour 60€ le taxi commandé sur notre demande par Houssaïn va nous éviter des heures de marche et nous permettre de rallier notre prochaine étape par une étroite route traversant le col de Tamatert, à 2300m., descendant sur Imlil et remontant par une piste pour aboutir à Aremd, à 1900m. Nous dormons au gîte « Tourtatine », appartenant à un cousin d’Houssaïn. Après les habituelles activités de fin de journée, soit prise de nos quartiers, déballage des affaires pour séchage, ablutions, apéro, nous avons à nouveau droit à un succulent et abondant souper, servi dans un salon pittoresque. Cette fois nous devons arrêter le chauffage à … gaz, il fait trop chaud !

Aremd, notre arrivée occupe les enfants un bon moment

Aremd, notre arrivée occupe les enfants un bon moment

 

Mardi 10 mars

Réveil en sursaut vers les 5h du matin par l’appel à la prière du muezzin local très en voix et en modulation. Lever à environ 6h30, déjeuner à 7h et départ à environ 8h pour le refuge du Toubkal. Nous laissons une partie de nos effets dont nous n’aurons pas besoin les prochains jours. Le reste sera à nouveau transporté par les mules jusqu’à la limite de la neige, même que nous ne mettrons pas les skis immédiatement, le terrain étant à nouveau libre de neige peu après ! C’est alors que La Souris remarque avec stupeur, pour ne pas dire plus, qu’il manque un sac bleu contenant nos deux paires crampons, son sac de couchage et son casque ! Après une discussion animée, il s’avère qu’il y a eu confusion ce matin au tri du matériel devant rester au village et celui devant être transporté. Un porteur express va se charger d’amener ce précieux matériel pour la somme de 20€. A 13h, sous un soleil de plomb, nous arrivons à notre base pour 3 jours. Le refuge Toubkal, ou Neltner, situé à 3207m. appartient au Club alpin français, section Marrakech. Juste en dessous, à quelques mètres, un deuxième refuge a été construit, ce dernier étant privé.

Sidi Chamharouch, lieu de pèlerinage sur le chemin de la montée au refuge du Toubkal

Sidi Chamharouch, lieu de pèlerinage sur le chemin de la montée au refuge du Toubkal

Arrivée au Refuge du Tourbkal / Neltner

Arrivée au Refuge du Toubkal / Neltner

 

Peu après, le dîner nous attend, puis après-midi farniente sur un toit-terrasse. Nous observons les touristes qui s’entraînent à la marche avec crampons, avant l’arrivée de nuages nous faisant rapidement rentrer. Le refuge est assez grand, il y a plusieurs salles-réfectoires et un salon avec cheminée, des sanitaires et douches à l’intérieur. Il est complet ce soir. Notre dortoir compte bien 25 places et c’est un sacré capharnaüm avec tous les sacs, cela promet pour les futures nuits !

Enfin à 19h le souper est servi, des spaghettis sont au menu, cela nous change des jours précédents. A 21h déjà tout le monde au dodo !

 

Mercredi 11 mars

C’est le grand jour après une très longue nuit où finalement nous ne savons pas si nous avons dormi ou sommeillé. Enfin à 6h30 nous nous levons, départ à 7h45 pour le plus haut sommet d’Afrique du Nord, le Toubkal, à 4167m.

Le temps est à nouveau au beau, très bon regel, neige béton. Les couteaux ont même tendance à se plier ! Tant et si bien que ceux de notre guide se cassent définitivement ! Il fera toutes les courses en crampons, skis sur le sac ! Nous montons par la voie normale Ikhibi Sud. Dès le col à environ 3900m. d’où la vue est déjà vaste, nous continuons par la crête facile en mixte cailloux-neige, skis sur le sac. Au sommet vers 12h30, nous n’y sommes de loin pas les seuls, cependant une petite minorité est à skis.

LE sommet convoité ! Nous y sommes, mais JF se cache

LE sommet convoité ! Nous y sommes, mais JF se cache.

C’est superbe, il ne fait pas froid, à peine un souffle. Nous descendons par l’Ikhibi Nord. Un court passage à 45o au départ avant de rejoindre des pentes revenues à souhait, qui nous amènent juste en dessous du refuge, où nous arrivons à 13h10. Sur ce versant, nous sommes les seuls avec deux autres personnes qui nous suivent à distance.

Juste le temps de mettre les affaires sécher au soleil et nous pouvons manger. Au menu : toujours le thé à la menthe, bien sucré et étonnement désaltérant, ainsi que la soupe pour débuter, puis lentilles, œufs et légumes. Après-midi farniente à lézarder, avant quelques parties de cartes, souper et dodo à 21h.

 

Jeudi 12 mars

Jamais les nuits n’auront été si longues ! Levés à 6h et départ à 7h40. Nous remontons une large combe plongée dans l’ombre, qui nous amène au Tizi Ougane, à 3795m. De là, nous devons grimper skis sur le sac le long d’une jolie et courte arête rocheuse avant de pouvoir rechausser nos skis et suivre facilement les dernières pentes donnant accès au sommet Ras Ouanoukrim, 4083m. Mais nous ne restons pas là, une très légère descente puis une remontée sur un dôme large et neigeux et nous voilà maintenant sur le Timezguida, à 4098m. Vaste sommet offrant une vue tout autant panoramique.

Vue sur Le Toubkal

Vue sur Le Toubkal

 

 

 

du Ras Ouanoukrim, vue sur Timezguida

du Ras Ouanoukrim, vue sur Timezguida

Au retour, nous évitons le portage en empruntant un couloir bien pentu exposé plein sud, où la neige est déjà molle. C’est alors que La Souris, déjà en délicatesse avec un genou, se fait une frayeur, heureusement sans conséquence fâcheuse pour la suite grâce à l’apport de neige et d’anti-inflammatoire.

Poursuite de la descente dans une neige douce mais assez tourmentée, notamment à l’arrivée sur la cabane en raison des nombreux trous causés par les montagnards sans skis dans la neige ramollie.

S’ensuit le rituel de l’après-midi : étalage du matériel pour séchage, repas de midi, étalage des corps pour la sieste au soleil, parties de cartes lorsque le soleil est couché, souper et dodo. En fait nous devons quitter salles à manger et salon car le personnel de la cabane ainsi que les guides, cuisiniers et aides s’y installent pour dormir sur des matelas de fortune, et ils se lèvent tous avant les hôtes car il n’y a plus aucune trace de leur installation lorsque nous descendons pour le petit-déjeuner.

 

Vendredi 13 mars

Nous voici arrivés à l’aube de notre dernière journée dans le massif du Toubkal, avec encore un 4000 à la clé ! Au départ à 7h30, nous empruntons la même combe que la veille, puis bifurquons à l’équerre pour remonter un curieux défilé entre deux parois rocheuses, donnant accès à un vaste cirque. Nous laissons les skis à env. 3900m., pour finir en crampons par l’arête Nord exposée au-dessus de pentes finissant on ne sait où. Vers 10h, nous touchons notre 4ème 4000m, l’Akioud, 4030m. Peu de place au sommet. Ne reste plus qu’à profiter de notre dernière descente à skis sur ces terres marocaines.

Belle combe sous Akioud

Belle combe sous Akioud

La lune est aussi de la partie

La lune est aussi de la partie

La neige ayant fondu depuis notre montée au refuge, il y a déjà 4 jours, les mules nous attendent au premier “barman”. Nous partageons notre dernier repas sur le terrain, apprêté par notre fidèle cuisinier.

Un dernier regard en arrière

Un dernier regard en arrière

Aremd, vue depuis l'immense lit de la rivière

Aremd, vue depuis l’immense lit de la rivière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis nous continuons la descente en tenue allégée, tout le superflu étant sur le dos des mules. Arrivée à Imlil à 15h30, une dernière tournée de thé à la menthe partagée avec notre guide et départ en taxi-bus pour Marrakech. Quelle transition !

Prise de notre logement pour 2 nuits au Riad Dar Al Assafir, pas très loin de la célèbre place Djemaa El Fna, des souks et de la Grande Mosquée. Nous apprécions tous et toutes notre salle de bains, et à nouveau frais et dispos, partons à la recherche de l’établissement qui saura combler nos estomacs. Nous finissons par trouver notre bonheur sur une terrasse dominant les toits de Marrrakech. Mais au bout d’un moment, malgré l’acclimatation au frais que nous avons, cela ne suffit plus pour supporter le petit vent du soir et nous redescendons dans le restaurant lui-même. Nous faisons honneur aux brochettes en subissant tout-de-même des courants d’air. Retour au Riad pour un repos bien mérité.

Le charme du Riad Dar l Assafir

Le charme du Riad Dar l Assafir

 

Samedi 14 mars

Journée découverte et achats divers, aux souks, tanneries, échoppes etc. L’après-midi, 7 d’entre nous s’offrent une remise en forme énergique par un massage marocain, précédé d’un moment diversement apprécié au hammam, aux bains d’Azahara. Le dernier souper est pris au Riad autour d’une belle table festive, agrémentée par les facéties d’un jeune chat, certainement plus attiré par les odeurs alléchantes du repas que par nous.

Marrakech, la grande mosquée

Marrakech, la grande mosquée

 

 

 

 

 

 

 

Dans le jardin de la mosquée

Dans le jardin de la mosquée

Le GO se remet à ses affaires

Le GO se remet à ses affaires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos superwomen qui ont tracé de bien belles courbes  en synchronisation

Nos superwomen qui ont tracé de bien belles courbes en synchronisation

Les stars du denier soir

Les stars du denier soir

 

 

 

 

 

 

Dimanche 15 mars

Un dernier réveil par l’appel du muezzin vers 5h et départ pour l’aéroport à 6h30 où nous avons largement le temps de déjeuner et griller nos derniers dirhams avant de nous envoler à 9h15 pour notre retour en Suisse. Après un vol de 3h, en grande partie au-dessus des nuages, nous récupérons en vitesse les bagages et notre train est déjà sur le quai. Séparation avec nos amis Claude et Nicole qui prennent un convoi un peu plus tard pour Yverdon.

Et voilà une belle aventure qui se termine, avec à la clé de beaux souvenirs, de nombreuses images prises et d’autres qui resteront dans nos têtes.

Auteur : Cachou, dactylo : La Souris.