Castor & Pollux (04.-05.07.2015)

Samedi 04.07.2015

Alors que certains se remettaient péniblement de leur première soirée au Jazz Festival, on trouvait neuf rigolos mal réveillés sur un parking à Villeneuve à 7h15 (précises !) du matin.

Le but était clair : sous la conduite de notre bienveillant Ladislav et de sa partenaire Eloïse, s’offrir une petite escapade à 4.000 mètres, avec pas moins de trois sommets en deux jours.

Après des heures de route, on s’offrait déjà un bain de foule avec le marathon de Zermatt qui se chargeait de remplir la petite ville de tout ce que la Suisse pour trouver comme touristes. Puis, vers 11h, nous voilà enfin les pieds dans la neige. Première constatation : il fait chaud. Le temps est véritablement splendide, pas un nuage et une neige tendance soft ice qui fait « plotch ».

Mais on ne se décourage en rien ! Le temps de réserver les chambres, et hop, en route pour le Breithorn, sur l’autoroute tracée par les dizaines de personnes passées avant nous. On s’encorde après moins d’un kilomètre, Ladislav nous répartit en trois cordées : lui, Pablo et Elisabeth, Eloïse, Alain et Gregory, et enfin Aline, Philippe et Nicole. Le rythme est bon, et il ne nous faut pas beaucoup plus d’1h30 pour arriver au sommet (4,164m). La tête tourne un peu, un début de migraine se pointe, mais la vue au sommet suffit à chasser ces détails. On mange un morceau, puis retour pour la cabane par le même chemin. Arrivés vers 16h, on se retrouve dans les chambres à ne rien faire.

Alors quoi ? Bah on fait de la formation continue ! C’est parti pour un exercice mouflage double, où Lad se lance dans le vide tandis qu’Eloïse nous montre le mécanisme pas après pas, et où nous avons encore l’occasion de le reproduire. Après ça, direction dîner puis dodo ! A 3h30, notre chef de course se charge de vider les lits (On attend toujours l’interro surprise à minuit, d’ailleurs !)

Coucher de soleil sur Testa GrigiaPollux et arête du Roccia Nera au BreithornRimaye du CastorPassage de grimpe dans le PolluxArête sommitale du Castor

 

Dimanche 05.07.2015

Levés avant les poules, il fait encore nuit mais l’activité fourmille de tous les côtés. En 30 minutes, nous sommes tous dehors, frontale sur la tête et prêts à partir. La neige a gelé, cela facilite l’approche vers nos objectifs. Notre timing se doit d’être juste : la dernière télécabine part à 16h15.

Nous croisons un courageux randonneur à ski qui peine dans la neige gelée. Alors que le soleil commence tout juste à illuminer la vallée, à 7h, nous arrivons au pied de notre premier objectif, le Castor. Une ascension soutenue par la face W. A 8h30, nous arrivons sur l’arête sommitale (4,224m), aérienne et joliment peuplée. Nous ne perdons pas de temps, prenons quelques photos et retour ! La neige commençant à fondre, la descente est plus délicate, et l’on croise même des énergumènes qui auraient gagnés à prendre quelques leçons élémentaires de politesse.

Arrivés en bas, à 9h30, à peine le temps de faire une pause (!) qu’il faut déjà repartir. En effet, le temps joue contre nous. Alors go ! On contourne le Pollux, effectuant l’ascension par l’arête SW. Tout d’abord dans la neige, on gagne rapidement une barre rocheuse qui exige une certaine souplesse. On croise une cargaison d’Italiens sur la descente, et là se présente la grosse difficulté : l’attente. L’ascension ayant un pas d’escalade sur corde fixe, il nous faut à plusieurs reprises patienter que la voie soit libre. Nous perdons presque une heure dans ce passage. On monte tour à tour, on assure par le haut (en contrôlant deux fois son système). Finalement, on arrive sur l’épaulement nous permettant d’atteindre le sommet, tous entiers, tous vivants ! Quelques dizaines de mètres et on est au troisième sommet (4,092m) ! Il est presque 12h45. Malgré la fatigue, on peut dire qu’on est heureux de cette performance !

Alors on se prépare pour le retour, nettement plus rapide. Normal, on est les derniers. On revient sur le glacier, on s’accorde quelques minutes pour manger un bout et… on amorce le retour juste après 14h. Long retour. Interminable retour.

Avec la fatigue de cette journée, où l’on aura marché pendant près de 11 heures sans interruption, les jambes sont lourdes, les pas deviennent imprécis, la motivation vacille un poil. Mais on voit le bout. Pas après pas, on avance. On croise un orage, qui nous longe de près, nous lâchant quelques gouttes de pluie et repart. Il est 16h quand on arrive finalement à la cabane, tout juste le temps de plier le matériel (pas très proprement), et retour à Zermatt.

Sur la descente, bercés par la cabine, on rigole et on se réjouit de ces expériences. On se félicite de ce weekend, et on remercie notre vaillant chef de course pour sa maîtrise de notre petite épopée. On repense à ces heures passées là-haut, et quelque part, on aurait bien envie d’y rester encore un peu.

Cervin du sommet du BreithornParticipants au sommet du BreithornCastor vu depuis le PolluxCol du SchwarztorArête sommital du Castor

 

Participants : Aline Dind, Nicole Held, Elisabeth Grisoni, Pablo Menzi, Philippe Nicod, Grégory Fragnière, Alain Cornillet, Eloïse Le Cotonnec et Ladislav Tesar

Récit écrit par Alain Cornillet