Témoignage

Historique

La cabane de Moiry – haut lieu de notre section – culmine à 2825 m et surplombe le vallon du même nom. Le panorama visible depuis la cabane est grandiose. On est tout simplement ébahi devant cet imposant glacier qui vit, bouge, se modifie et vieillit comme nous tous. Tantôt recouvert de neige fraîche et apaisant, tantôt sombre et bruyant lorsque des séracs se détachent et tombent avec fracas.

Les alpinistes y viennent pour faire les sommets alentour que sont le Grand-Cornier, le Pigne de la Lé, la Pointe de Mourti, la Dent des Rosses ou, les Couronnes de Breonna, mais aussi pour parcourir le glacier. De nombreux cours de glace sont organisés chaque année et il est plaisant de voir depuis la terrasse de la cabane les cordées slalomer entre les crevasses. Les familles sont heureuses de venir à Moiry car il y règne une ambiance de haute montagne; l’effort à fournir pour l’atteindre est à la portée des enfants.

Cabane de MoiryCabane de Moiry

La décision de construire une cabane au vallon de Moiry date de 1913. L’exécution doit être reportée en raison de la guerre. C’est seulement en 1923 que l’assemblée des délégués donne le feu vert et accorde une subvention. La section (cf. Historique du CAS, Archives de Montreux, PP109, J. Tièche) “voit l’aboutissement d’un projet longuement attendu : la cabane. Après de nombreux pourparlers, la pose de la première pierre a lieu le 17 juillet 1924. Les 11 et 12 octobre la cabane de Moiry (2825 m) est inaugurée après moins de trois mois de travaux menés par l’entrepreneur Salamin et l’architecte A. Schmitt. Les travaux se sont déroulés sans difficultés majeures, excepté la perte de deux mulets appartenant à Julien Salamin”.

Depuis, la cabane n’a cessé d’être un haut lieu des activités du club et un centre des activités touristiques et même stratégiques de la région puisqu’elle a été occupée durant la mobilisation par des gardes-frontières. Pour témoin, un extrait du procès-verbal de l’assemblée mensuelle du vendredi 30 juin 1939 (même source que ci-dessus, orthographe originale) :

“Moiry : la cabane a été occupée dès le début de la mobilisation par des gardes-frontière qui l’ont quittée dans un état de propreté douteux, ce qui soulève des interventions de MM. Villard, Buhrer et G. Romersa. Le C.C. en sera nanti.”

Elle a connu plusieurs agrandissements dont actuellement le projet de renouveau qui fait l’objet d’un article séparé. Elle est le but de la rando “Narcisses-Gentianes”, entre le 4 et le 12 août, (voir article qui lui est consacré) qui laissera certainement de beaux souvenirs.

Hommage

Moiry est, pour les clubistes montreusiens, un trait d’union avec les Alpes Valaisannes. La cabane représente aussi une source de revenus qui participe au développement de la section.
“Le premier gardien est Joseph Salamin, frère de Justin. Mais au bout de trois semaines, celui-là s’aperçoit que ce n’est pas sa voie et il demande à son petit frère Jean-Baptiste de le remplacer. Cet homme unanimement apprécié, tient fidèlement son poste pendant quarante ans.” (Extrait de “Moiry 1924-1999”.)

Hommage à la famille Salamin, gardien à la cabane Moiry

Hommage à Jean-Baptiste Salamin, 40 ans de gardiennage.

Je tiens à rendre hommage à la famille Salamin qui, depuis 83 ans a su faire vivre Moiry, de génération en génération. Ignace, neveu de Jean-Baptiste, lui a succédé en 1964 avec son épouse Lucie qui a su tenir la barre pendant les fréquentes et longues absences de son mari guide de montagne, en course à l’extérieur avec ses clients. Un accident fatal de la route interrompt son trop court mandat en 1975. Son fils Etienne, guide lui aussi, prend la relève avec l’aide de son épouse Monique. Merci à ces deux familles pour l’immense travail accompli durant toutes ces années.

Je vous engage vivement à venir passer une nuit en cabane afin de vivre de près cette ambiance, de voir le panorama, de varapper ou marcher, puis dès l’année prochaine, pour saluer l’ancienne cabane et accueillir la nouvelle.
Bonne fête du centenaire !

Michel Hefti