27-30 mars 2014, Glarnerland-Tödi

Les tribulations du CAS Montreux au Glarnerland

Jeudi 27 mars 2014

Notre petite troupe de 5 personnes, à savoir l’organisateur Michel Hefti, vaillant malgré un refroidissement et une forte toux, Claudia, Anne-Christine, Michel dit Cachou et notre cascadeur Daniel, se retrouvent à 20h45 à Näfels/GL. Dans la grande Skoda Octavia de Michel il y a un peu de place libre car Daniel a laissé son sac de voyage à la maison, rachat en catastrophe de quelques pièces majeures, notamment un très beau pantalon de ski rouge.
Prise des chambres au Lintharena, grand complexe sportif avec piscine, murs de grimpe, salles de gym, sauna etc. et restaurant.
Au cours du repas, Michel nous expose la course de demain : le Schilt, 2299 m. juste au-dessus de Näfels. Nous pouvons monter à Fronalp Stockhaus, 1325 m. ce qui ne fait plus que 974 m. à grimper. Sur ce, nous pouvons nous coucher tranquilles, Michel seul dans l’une des 2 chambres à 4 pour qu’il puisse tousser sans remords et, espérons-le, surtout dormir.

Vendredi 28 mars 2014

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 Diane à 6h30, la journée s’annonce magnifique. Départ du camp de base à env. 7h30, Montée à Fronalp Stockhaus par une route raide et étroite…
Jusqu’à il y a peu, Fronalp était une petite station de ski qui est maintenant fermée. Ce n’est pas le manque de neige qui doit en être la cause.
Montée sans difficultés techniques sur ce sommet, le Schilt, véritable belvédère avec en point de mire au loin, fermant la vallée, l’imposant Tödi, notre plat de résistance.
La descente ne sera pas si mauvaise qu’elle en avait l’air lors de la montée. En choisissant bien, on trouve encore des pentes en poudre.
Au retour, nous passons à la Maison des Amis de la Nature, qui est une auberge avec terrasse panoramique inondée de soleil et une chaleur estivale.
Certains en profitent pour se restaurer avec une fondue au schabziger, fromage au goût totalement infect…, enfin pas pour eux !
Bon, il faut quand même songer à regagner notre camp de base. Michel part en tête, mais quelques centaines de mètres plus bas, arrêt brutal ! Collision frontale, ou « Frontalschock » et ceci sous le Fronalpstock (sans jeu de mot !) avec le patron de l’auberge, qui remontait avec sa grosse jeep. Malgré une vitesse réduite et un freinage énergique, les dégâts sont considérables aux 2 véhicules. Heureusement aucun blessé à déclarer. Après s’être entendus à l’amiable, reste à savoir si la voiture pourra au moins regagner la plaine, ce qui sera chose faite, mais elle n’ira pas plus loin.
Alors que Michel passe le reste de l’après-midi entre téléphones, recherche de voiture de remplacement etc., le reste du groupe part en prospection d’un magasin de sport pour un ressort cassé d’une fixation sur un ski d’Anne-Christine, ainsi que pour l’achat d’un slip de rechange pour Daniel… rouge de préférence, assorti au nouveau pantalon… tiens, nous passons justement devant un magasin de seconde main, il y trouverait peut-être son bonheur ? Finalement, le 3ème magasin est le bon, c’est au Massiv Sport à Netstal que nous résolvons nos soucis de ski, de sous-vêtement voire de sac à dos.
Enfin, en début de soirée, Michel arrive avec une Mitsubishi Colt comme voiture de remplacement. Il est temps d’aller souper. Pour ma part, je ne serai pas prêt d’oublier de sitôt mon choix erroné : des pâtes au schabziger et ananas… immangeable. Quel âne, au lieu de réfléchir 30 secondes de plus et me rappeler le goût de la fondue de midi ! Finalement Anne-Christine se dévoue pour me refiler la moitié de sa belle assiette de rôti et étonnamment terminer la mienne, les souris, ça mange de tout…
Retour dans notre cellule, préparation des sacs et bagages car la diane est fixée à 5h15.

Samedi 29 mars 2014

Le restaurant n’est pas encore ouvert à l’heure de notre petit-déjeuner, nous nous installons dans une salle de cours et le tirons d’un sac à provision préparé par l’intendance la veille au soir. Comme convenu par Michel avec le guide, nous sommes fins prêts à 6h20 sur le parking de l’hôtel. Finalement c’est avec 30mn de retard qu’une, puis deux voitures s’arrêtent au loin devant la barrière de sortie du parking. Une silhouette vient vers nous en courant, c’est « notre guide », qui s’avère être un autrichien ne parlant pas un mot de français ! Et voilà que nous perdons encore bien des minutes à chercher mon tiquet de sortie du parking….Nous devions prendre un téléphérique à 7h15 à Urnerboden, tout en déposant un véhicule au fond de la vallée où nous arriverons au retour du Tödi, à Tierfehd. L’organisation de la centrale des guides auprès de laquelle Michel a réservé notre sortie frise l’arnaque : trop de monde pour notre guide, il, ou la centrale, a engagé un 2ème guide, également autrichien, pour former 2 groupes. Bon, les autres participants sont sympas.

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Après divers palabres, ordres et contre-ordres, nous prenons une cabine de téléphérique très rustique à 6 places et plateformes extérieures pour le matériel. Cette installation nous monte de 1372 m. au Fisetenpass, à 2036 m. Le début d’une longue et variée traversée qui va nous amener en 6h à la cabane Fridolin, 2111 m.
Nous montons d’abord au Gemsfairenstock, 2972 m. avant de faire une longue descente, puis une remontée, et replongler enfin sur la cabane où nous arrivons vers 16h. Les conditions météo se sont dégradées, ciel fortement voilé et surtout, une soudaine et forte tempête de foehn sévit. Tout n’est que tourbillon de neige aux alentours et le Tödi n’est qu’un immense panache de neige. Hélas les conditions de neige pour cette journée n’étaient pas terribles, souvent croûtée, cartonnée et très travaillée par le vent.
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La cabane est accueillante, bien chauffée, joliment décorée, y compris les toilettes qui se trouvent juste à côté dans un petit chalet. Cela se voit que c’est une gardienne qui veille avec amour sur ces lieux. La cabane est pleine avec ses 60 places. Les occupants de l’annexe ont pu y être rapatriés car il y a double réservation pour le CAS Montreux : Michel a réservé normalement et la Centrale des guides également, sans rien lui dire ! Mais tout se passe bien, organisation parfaite, bon et copieux souper. Dehors, il ne fait pas froid mais c’est toujours la tempête. Juste dommage que le thé de marche soit à disposition dans un grand bidon de plastique… sur la terrasse, il ne sera pas chaud dans les thermos demain ! Mais en attendant, nous sommes biens sous nos gros duvets.

Dimanche 30 mars 2014

Durant la nuit nous sommes passés à l’heure d’été, mais la diane a été fixée à 5h, heure d’hiver. Et aux petites heures, le foehn est tombé comme par enchantement. Copieux petit déjeuner, puis départ à 5h50, pour le plat de résistance de ce week-end au pays du schabziger : le Tödi. Ciel limpide, pas froid. Nous commençons par une légère descente en traversée sur neige gelée, avec les peaux, pour gagner le front du glacier, où l’on s’encorde, les 6 sur la même corde. Il y a peu de neige, la glace d’un bleu magnifique nous oblige à déchausser et à mettre les crampons pour franchir une zone abrupte.

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Nous louvoyons entre séracs et ponts de neige. Première alerte, Souris met le pied où il ne fallait pas, et hop une jambe entière happée par le vide, l’autre à moitié. Peu après, alors que les 3 premiers passent sur un peu de neige déjà fragilisée par un trou visible, pas de bol, le pont cède et c’est au tour de Daniel de disparaître, lentement mais sûrement dans les profondeurs…Après quelques manœuvres et discussions tendues, on le sort de là non sans mal. Il souffre de douleurs dans une cuisse. Les skis sont remis pour franchir cet obstacle. Au fur et à mesure de la montée, Daniel a de plus en plus mal et souhaite s’arrêter pour garder des forces en vue de la descente. Nous continuons jusqu’à lui trouver un endroit agréable et pas trop exposé. A environ 1h du sommet, il s’installe, avec ordre de ne pas bouger. Plus loin, c’est le sac d’Anne-Christine que nous laissons dans la neige, pour lui permettre d’avancer un peu plus vite. Sous un soleil de plomb, le sommet, 3614 m., est atteint à 11h50, soit après 6h d’efforts ! Il porte également le nom de Piz Russein, car il fait frontière avec les Grisons.

Quelle vue : des centaines de montages à perte de vue, au loin le lac des 4 cantons, le lac de Zürich, et il y fait si bon, pas de vent.
Mais il faut bien songer à la descente, neige variable, les jambes fatiguent vite. Au passage nous récupérons d’abord le sac puis notre ami Daniel, qui s’est bien protégé du soleil en nous attendant.

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Plus bas, un long couloir, le Schneeruss (40 – 42 deg) encadré par des rochers, où une chute n’est pas conseillée du tout, nous demande toute notre attention avant de descendre en direction du vallon du Biefertenbach, dont le fond n’en finit pas !

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Un groupe avancé est déjà parti pour récupérer les voitures à Urnerboden. Finalement, le guide, Daniel, Anne-Christine et moi atteignons Tierfehd vers le chantier d’Axpo « Linthal 2015 » à 17h30 heure d’été. Où nous attendons le retour de nos voitures. Les au-revoir sont échangés avec l’autre groupe.

Nous souhaitons nous restaurer avant de prendre la route, mais les restaurants de la vallée sont tous fermés le dimanche soir, alors nous roulons jusqu’au restoroute du Glarnerland. Il est finalement très tard lorsque nous rejoignons nos pénates, enchantés d’avoir réussi l’objectif principal de ce long week-end, et bien fatigués.

Michel-Cachou pour la rédaction
et Anne-Christine pour la dactylo.